Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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A quoi Bourges va-t-elle ressembler dans dix ou vingt ans ?

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L’exercice ordinaire de la démocratie est difficile. C’est ce que nous avons rappelé au maire de Bourges Pascal Blanc, plutôt habitué ces dernières semaines à communiquer à grand renfort d’argent public plutôt qu’à débattre. Le Maire de Bourges Pascal Blanc s’est montré au conseil municipal de mardi soir, aussi arrogant que ridicule parfois vis à vis de son opposition, voire même sexiste concernant mes deux collègues Annabelle Langer et Magali Bessard. Je suis intervenu sur les orientations budgétaires (voir ci-dessous le contenu de mon intervention), sur la nécessité de conserver le Hameau de la fraternité comme lieu de lien social, associatif et familial et sur la programmation d’un Été à Bourges.

Monsieur le maire, chers collègues,

A quoi Bourges va-t-elle ressembler dans dix ou vingt ans ? C’est la question qui traverse les esprits de ceux qui ont comme nous, les élus du groupes Bourges Ensemble, le soucis de l’avenir de notre ville, de son développement, de ses habitants, de ses forces vives. Après bientôt deux ans de mandat, que de mal a été fait à notre cité et aux Berruyers : fermeture d’équipements comme la piscine Robinson, l’arrêt brutal de manifestation comme la biennale d’art contemporain ou celui annoncé du feu d’artifice du 31 décembre. A cela s’ajoutent les hausses de tarifs et d’impôts comme dernièrement la suppression de l’abattement sur la taxe d’habitation qui a entraîné une hausse de près de 100 € sur la feuille d’impôt. On se demande quand va cesser cette série de mauvais coups portés à Bourges ?

Oui à quoi va ressembler Bourges dans quelques années à ce rythme ? Alors que notre ville est en déprise démographique, qu’elle perd des habitants, des emplois, que nombre de ses commerces ferment. A quoi va ressembler Bourges quand certains parlent de la quitter devant cette espèce de spirale du déclin dans laquelle vous vous enferrez depuis déjà de trop nombreuses années : ceux qui contraints d’aller vers les périphéries parce que la ville devient chère au regard de la qualité des services offerts, ceux qui par choix peuvent aussi aller vers d’autres villes plus accueillantes d’autres départements et même régions, offrant en matière d’infrastructures, plus de diversité et de potentialités.

Le grand poète turc Nazim Hikmet écrivait « Il y a deux choses qu’on oublie qu’à sa mort : le visage de sa mère et celui de sa ville ».

Je crains que Bourges, cette ville où il faisait si bon vivre, où la richesse du patrimoine se conjuguait avec une richesse de la création artistique vivante, son dynamisme industriel, associatif, ne soit plus qu’un souvenir lointain tant la ville risque d’être défigurée à terme par votre politique. Une ville qui, s’y nous n’y prenons garde, pourrait bien ressembler un jour à une cité dortoir dotée de quelques commerces en centre ville, bordée de vaste zones commerciales fréquentées par des clients venus de tout le département, une ville quadrillée de caméras de vidéo surveillance et dont la vie serait scandée par quelques grands événements certes agréables mais aussi futiles que ponctuels. Sachez que nous sommes nombreux à ne pas nous résoudre à cela, à ne pas accepter ce que Bourges est en train de devenir.

Notre débat sur les orientations budgétaires, aussi traditionnel soit-il revêt cette année une importance toute particulière. Il est comme toujours l’occasion de définir ce que va être l’utilisation de l’argent public, pour quelle ambition et quels projets. A cette occasion permettez moi de regretter l’absence du rapport ur les inégalités sociales qui permet aussi de mesurer les choix et leur pertinence.

Mais dans notre débat pèse cette annonce d’une hausse de la fiscalité à 9% pour les ménages berruyers, hausse insupportable à beaucoup de familles, de salariés déjà confrontés à la hausse de la fiscalité nationale, au blocage des salaires, des pensions, des minima sociaux, bref à une perte de revenus. Cette hausse, et alors que vous avez besoin de 10 millions d’€ fera rentrer d’ici 2020 dans les caisses de la ville le double, tout cela pour satisfaire aux règles dictées par les banques (la fameuse capacité de désendettement à quinze ans) et leur payer les intérêts de la dette !

Vous le savez, l’augmentation des impôts, si elle va amener un peu d’oxygène dans les finances de la collectivités, condamne un peu plus la ville : combien de personnes vont la quitter ou vont refuser de s’y installer car la fiscalité y est trop élevée ? De combien les dotations liées à la population baisseront encore ? C’est un cercle vicieux dans lequel nous n’entrerons pas.

Enfin vous annoncez des économies dans les services municipaux sans dire dans quels domaines précisément. Nous partageons l’inquiétude des agents municipaux concernant les réductions de moyens matériel et humain à l’accomplissement du service public. Nous n’admettons pas qu’en même temps que les impôts augmentent, les services à la population diminuent. C’est là un paradoxe terrible qui condamne l’impôt pourtant nécessaire au fonctionnement de la collectivité. Vous vous inscrivez dans ce dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux à la retraite : il est inacceptable, alors qu’on salue le service public et la qualité de ses agents en cas de crise comme celle que nous avons connu le 13 novembre, et continuer à le sacrifier.

Quelle est l’origine de cette situation ?

Bien sûr il y a la baisse des dotations de l’État : alors que la droite avait gelé les dotations, le gouvernement socialiste les baisse de manière violente rendant difficile la gestion des collectivités et sacrifiant les services publics locaux. Ce gouvernement a prévu une diminution des dépenses publiques de 50 milliards d’ici 2017 dont 11 milliards pour les collectivités. Votre camp la droite en propose 100 à 150 milliards. Vous devriez applaudir des deux mains. C’est ce dogme libéral de réduction des dépenses publiques qui nous précipite vers l’abîme et conduit à privatiser de plus en plus de services. Car cette baisse de dotation est une forme déguisée de transfert vers le privé et la finance de pans entiers du service public et permet d’alléger en plus la fiscalité des plus riches dans notre pays.

Il y a aussi les vingt années de gestion de la droite au plan municipal avec cette équipe menée par Serge Lepeltier dont plusieurs d’entre vous faisaient partie dont vous Monsieur le Maire, et qui ont abouti année après année à accroître les difficultés financières de la ville et à faire supporter à la ville de Bourges, seule, des investissements et des services à dimension « agglomération » (Conservatoire, piscines, palais des sports…). De même un manque de discernement dans les investissements amène à cette situation que ce soit en terme de calibrage (Avenue Marcel Haegelen pour 5,5 Millions d’Euros, PRU pour 300 Millions d’Euros) ou de financement (Palais des Sports).

Vous avez ces dernières semaines orchestré la mise en scène, la dramatisation de la situation financière de la ville afin de mieux faire avaler aux Berruyers la hausse de la fiscalité et la réduction du service public. Vous vous êtes au passage dédouané de vos responsabilités alors que vous avez fait partie de l’équipe précédente ! Le moins que l’on puisse dire c’est que ça ne passe pas.

Et je crois que ce qui révulse par dessus tout nos concitoyens, c’est le non respect de la parole donnée : c’est vrai qu’en la matière vous êtes champion toute catégorie ! Oubliées vos promesses de campagne électorale de non augmentation des impôts qui étaient aussi sincères que celle de ne pas briguer la présidence de l’agglomération ! Je pense que les citoyens en ont assez de ces doubles discours : si les promesses au plan national sont parfois trahies, voire systématiquement avec le gouvernement et le président actuels, c’est assez nouveau à l’échelle locale où le maire est traditionnellement un personnage respecté parce que réputé proche de ses administrés. Et je crois que la démocratie y gagnerait si les élus découvrant une situation imprévue les obligeant à revenir sur leurs engagements, choisissaient de démissionner et de revenir devant les électeurs... En tout cas, je suis de ceux qui travaillent à une sixième république dans laquelle les citoyens auraient un meilleur contrôle sur leurs élus et sur le respect de la parole et des engagements.

Voyez vous, plutôt que les larmes de crocodile ou la dramatisation surjouée, plutôt que de céder à la sinistrose, les élus communistes et tous les élus Bourges Ensemble en appelle à la mobilisation pour faire respecter Bourges et ses habitants.

Il y a urgence à mener la bataille pour obtenir le gel de la baisse des dotations pour 2017 puis l’annulation des baisses antérieures. Poser une simple banderole au fronton de la mairie ne suffit pas. Demander à l’État une aide exceptionnelle en argumentant sur les difficultés et spécificités de notre territoire (déprise démographique et industrielle, spécificités de l’agglomération …). Nous devrions exiger la suppression de la participation à la péréquation nationale de la part de la ville de Bourges à hauteur de 600000 Euros devrait être supprimée. Nous pourrions trouver des ressources supplémentaires comme par exemple, le versement transport pour le réseau de transport urbain (la mise en place d’une ligne de Bus à Haut Niveau de Service permettrait l’augmentation de 1,25% à 2% du Versement Transport payé par les entreprises de plus de 11 salariés et dégagerait 7,5 Millions supplémentaires par an).

Œuvrer à trouver des subventions :
Mettre en place un dispositif municipal permettant la recherche de subventions à tous les niveaux (du département à l’Europe). Il n’est pas acceptable de voir des projets majeurs et importants pour notre territoire comme le Palais des Sports ne bénéficier que de subventions symboliques de l’Etat et la Région (16 Millions sur 18 Millions à la seule charge de la ville de Bourges !)

Enfin c’est ne plus différer les grands investissements à Bourges, sans lesquels nous allons perdre en dynamisme et en rayonnement. Nous n’avons que trop tardé sur la Maison de la culture : alors que l’Etat a fait savoir qu’il ne financerait aucun autre projet que celui sur les pentes Séraucourt, celui voté dans cette enceinte et accepté par les autres partenaires, alors que l’équipe, les salariés fatiguent de la situation et des conditions de travail, que la part de la billeterie dans le budget total se réduit car le public est moins mobilisé, nous risquons de perdre d’ici 2017 tout : et les budgets pour investir et ceux pour la faire fonctionner. Comme à Sénart ou Albi, nous pouvons obtenir de l’État une rallonge supplémentaire à condition de faire front uni, les élus et toutes les collectivités. C’est notre responsabilité individuelle et collective.

Rechercher l’annulation de certaines dépenses
Peut-on accepter aujourd’hui que les intérêts des emprunts (qui ne font que nourrir les banques) soient supportés par les Berruyers. Pour l’année c’est 6200000 Euros ! N’est il pas temps de se mobiliser pour des prêts à taux 0 pour les collectivités locales ?

Donner de la force et du poids à l’agglomération
C’est engager, dès maintenant et à marche forcée, la montée en puissance de l’agglomération qui doit mieux valoriser le rôle de « centralité » de la ville de Bourges et prendre à sa charge la maîtrise d’ouvrage des grands équipements à venir et le fonctionnement de ceux existants.

Et puis certains de vos choix politiques pèsent sur les finances de la villes comme
Frais de fonctionnement des écoles maternelles privées : 144570 Euros
Police municipale : c’est près de 2 millions d’Euros et le maire envisage l’extension de ses missions (une brigade de nuit dont le coût est de 327000 Euros) alors qu’il s’agit d’une mission essentielle de l’État : la sécurité.
La vidéosurveillance : les 100 caméras annoncées par le maire, c’est 1,4 millions d’Euros d’investissement auxquels il faut ajouter les frais de maintenance et de fonctionnement alors qu’il s’agit là aussi d’une mission de l’État.
Les interventions économiques qui sont aujourd’hui de la responsabilité de l’État, de la Région et de l’Agglomération mais qui pèsent pour 173770 Euros dans le budget avec notamment la « mission emploi » du Maire qui fait doublon avec Pôle Emploi

Vous le voyez, nous sommes disponibles les élus Bourges Ensemble, pour travailler à ces solutions, à ce nécessaire rassemblement pour retrouver le dynamisme et le développement que les orientations que vous nous proposez obèrent malheureusement.
Je vous remercie.

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