Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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Confession d’un enfant du siècle

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Voici le portrait partiel que j’ai dressé pour l’Hebdo du PCF du Cher "18" de mon ami et camarade Henri Diaz, presque centenaire, dernier brigadiste vivant de notre département. Hommage à un vivant.

Il a fallu le convaincre de l’intérêt d’un entretien dans notre hebdomadaire. Sa gentillesse doublée de cette modestie qui fait la marque des grands hommes, ne le pousse pas à se mettre en avant, lui qui fut pourtant une des figures marquantes de la Résistance dans le Cher. A la veille de ses 99 ans, Henri Diaz est né en 1917, et à l’occasion du 80ème anniversaire du début de la guerre civile espagnole, il était pourtant normal que l’hebdo de la Fédération du Cher du parti communiste rende hommage au dernier combattant des brigades internationales du département, qui poursuivi son combat contre le fascisme sous le pseudonyme de commandant Bertrand dans la Résistance. Notre regretté camarade Roger Cherrier disait de lui dans la préface de son livre* « Si Bertrand n’est plus jeune, il n’est pas vraiment vieux. Il a gardé sa jeunesse dans son cœur...  ».

Né en 1917 à Vierzon-Villages dans une famille espagnole, Henri Diaz est un enfant d’immigré. « Mon père était venu à la guerre de 14 dans les chemins de fer à la gare de Vierzon. et on l’a remercié après le retour des cheminots français. Ma mère est morte de la grippe espagnole en 1920. Moi jeune bambin j’ai été élevé en partie par des tantes ». Après une scolarité qui le mène comme beaucoup d’enfants du peuple jusqu’à ses 13 ans, le jeune Henri devient ouvrier. « Après l’école à Vierzon, j’ai travaillé à 13 ou 14 ans à l’usine de fabrication de moissonneuses de Vierzon pendant quelques années. J’ai fait des petits boulots.... » Cet entre-deux guerres plein de promesses pour la jeunesse ouvrière, notamment grâce au développement du parti communiste et de ses organisations, est aussi pour lui la découverte du sport et du cyclisme en particulier. « J’étais sportif j’ai fait du cyclisme et de nombreuses compétitions dans tout le département. J’ai couru avec mon cher camarade Albert Bourlon pendant trois ans. Je dois dire qu’il m’a battu 8 fois sur 10 mais j’ai la prétention de dire que je l’ai battu deux fois sur 10. Nous étions tous les deux Bébert et moi de jeunes communistes. Ils se plaisaient à dire : « tu vois Henri, dans les groupes cyclistes, y en a que deux qui lisent l’Huma : toi et moi. Nous étions aux Jeunesses communistes. Je militais comme je le pouvais bien entendu mais toujours en respectant les idées de Lénine ! » En disant cela, ce n’est plus l’homme de près de cent ans que nous avons devant nous mais l’adolescent vigoureux et athlétique qu’on imagine ! C’est alors que le jeune Diaz est rattrapé par l’histoire : le fascisme qui se répand comme la gangrène sur une Europe trop pacifiste pour lui opposer une quelconque résistance, va lui donner l’occasion de rentrer dans ses premiers combats.

« Notre bête noire c’était le fascisme. Après l’Italie et l’Allemagne, c’est au tour de l’Espagne d’être atteinte alors que le Front populaire espagnol avait été élu démocratiquement. Nous étions une quantité de jeunes décidés à aller défendre la République espagnole. J’ai décidé avec mon père de partir en Espagne début septembre 1936. » Il n’est pas majeur quand il part. D’abord engagé dans une unité des milices populaires organisées par le Parti communiste espagnol, «  la principale force de Madrid  », il reçoit une instruction militaire. « Nous n’avions que des fusils contre les fascistes qui eux étaient aidés par l’Allemagne et l’Italie appuyés par les bataillons maures. Nous avons défendu Madrid. Notre défense a tenu d’une façon magnifique. Les combattants républicains étaient merveilleux ». Blessé deux fois, par un éclat d’obus à l’épaule puis par une balle dans le pied, Henri regagne rapidement le front après deux semaines seulement d’hospitalisation ; « nous manquions d’homme ! ». Après son incorporation dans une unité motorisée en Estrémadure, Henri est appelé à rejoindre les brigades internationale à Albacete. Il y croise plusieurs fois André Marty, chargé par l’Internationale d’organiser les combattants étrangers. Il est incorporé dans la 14ème brigade et continue les combats. Les internationaux rappelés, Henri regagne Valence où il défend la ville avec des formations républicaines espagnoles, durant de longues semaines. Cette guerre là se termine mais une autre rattrape Henri en débarquant à Marseille en1939. Celle qui le mènera des camps de prisonniers allemands, d’où il s’évade par trois fois dont une dernière rocambolesque niché sous un train durant plus de vingt heure !, jusqu’aux maquis du Cher dont il fut un des organisateurs pour les FTP. Cette période est racontée dans son livre qu’on ne peut que vous recommander de lire. En attendant, quand on lui demande s’il a un message à délivrer aux plus jeunes, il se contente de dire : « Que les jeunes se cultivent politiquement pour savoir d’où vient le bien et d’où vient le mal  ».

YB

*Les Sentiers de la liberté, Éditions Gascogne 2015

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