Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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Conseil municipal

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Vous trouverez ci-dessous mes principales interventions au Conseil municipal de Bourges du 17 juin.

Sur le compte administratif

Monsieur le Maire chers collègues,

Je voudrais ici compléter par quelques remarques, le propos de mes collègues de l’opposition en fournissant quelques exemples concrets des difficultés dans lesquelles le désengagement de l’Etat d’une part et vos choix de gestion plongent notre ville. Guidés par votre soucis de serrer les boulons, nombre de postes subissent des diminutions importantes des dépenses de fonctionnement ; elles obèrent les moyens du services publics et donc le service rendu aux Berruyers comme en témoignent les baisses importantes d’achat de fournitures d’entretien, de petit équipement, de fournitures administratives. L’équipement de la Médiathèque connaît lui aussi des baisses de taille en fournitures administratives et en achat de disques livres et CD. Sur ce dernier point on peut se demander quelle est la politique suivie en matière de lecture publique et d’accès aux outils culturels par le plus grand nombre.
Vous avez diminué aussi les dépenses d’entretien et de réparation des bâtiments : on peut s’inquiéter pour l’avenir des équipements de la ville.
Enfin vous avez diminué le soutien à la vie associative en réduisant les subventions aux associations alors que dans le même temps, les prestations municipales pour faciliter l’activité des associations se réduisent.

Sur le CONTRAT DE PERFORMANCE ENERGETIQUE

Monsieur le maire,

Personne ici ne peut nier la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de contrôler et de diminuer pour cela la consommation de l’énergie. Je ne vous ferai pas l’affront de rappeler à l’ambassadeur que vous êtes, les enjeux pour la planète, du contrôle de la consommation d’énergie, de sa diminution. C’est aujourd’hui un objectif largement partagé auquel personne ne peut sérieusement s’opposer.

Nous pouvons nous féliciter qu’à l’échelle des collectivités, cette question soit abordée ; comme à chaque fois que peut être posée la responsabilité collective sur les questions environnementales, celle aussi des entreprises, nous avançons vers la recherche de solutions collectives allant dans le sens de l’intérêt général. J’ai le sentiment que recule le discours qui ramène ces questions aux simples comportements individuels, souvent culpabilisant et stigmatisant pour les personnes les plus démunies et les salariés.

Là où par contre nous divergeons, c’est sur le moyens d’atteindre ces objectifs.

Vous nous proposez de confier sous la forme d’un contrat de partenariat avec des entreprises privées la réalisation d’économie d’énergie dans les bâtiments communaux. Je crois qu’en choisissant cette forme, vous vous inscrivez dans la marchandisation des enjeux écologiques.

Le gouvernement que vous soutenez, la majorité à laquelle vous appartenez, s’est fixé comme objectif de faire passer le maximum d’activités de la sphère publique vers le secteur marchand. Or il est des domaines dans lesquels nous ne pouvons accepter qu’ils soient confiés au secteur privé : ce sont ceux touchant aux biens communs de l’humanité que sont comme l’éducation ou la santé, l’énergie, la qualité de l’eau, de l’air, la biodiversité.... Il est impératif de sortir notre environnement des logiques marchandes qui sont à l’œuvre dans de nombreux domaines. Finalement, comme la pollution, la réduction de la consommation d’énergie deviendrait un bien comme les autres, sur lequel des entreprises réaliseraient des profits, car ce n’est pas par philanthropie que ces entreprises travaillent. Ce que d’aucun appelle le capitalisme vert devient en quelque sorte le joker du système économique, où le marché fixerait un prix à ce qui n’en n’a pas comme l’environnement.

L’autre résultat de votre logique, avec ce partenariat, c’est que vous priver la collectivité et donc les citoyens, de pouvoir agir sur les leviers que sont l’isolation, l’efficacité énergétique, la diversité des ressources et la maîtrise de la consommation. C’est là encore ce à quoi mène le capitalisme vert : creuser un gouffre entre les processus de décisions en matière d’environnement et de développement et les citoyens.

Il nous semble que la plus grande vigilance s’impose sur les aspects financiers (car au final, ce type de partenariat ne risque-t-il pas de coûter plus cher à la collectivité que si elle en assumait elle même le financement ?) mais aussi de maîtrise publique et sociale de ces questions, donc de démocratie. A l’heure où de plus en plus de collectivités font le choix d’un retour dans le giron public de biens communs comme l’eau, se priver de la maîtrise de la consommation d’énergie est une erreur. C’est pourquoi nous nous opposons à cette délibération.

SUR LES MESURES DE CREATION ET DE SUPPRESSION DE POSTES D’ENSEIGNANTS

Monsieur le maire,

Une nouvelle fois, et comme chaque année, Bourges subit une vague de suppression de postes d’enseignants dans le premier degré. Comme à chaque fois, vous nous proposez d’exprimer nos regrets. Cela m’amène à effectuer deux remarques.

Votre majorité politique, le gouvernement et le président Sarkozy s’enorgueillissent de réduire le nombre de fonctionnaires avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; l’éducation comme d’autres secteurs vitaux, en font les frais. 16000 postes dans l’Éducation nationale seront supprimés à la rentrée prochaine dans le premier et le second degré. Bourges n’y échappe pas : aux fermetures de classes dans le premier degré, s’ajoute la réduction du nombre de poste dans les RASED et dans les collèges et lycées. Cette politique plonge les écoles dans les difficultés, accentue l’échec scolaire et creuse les inégalités. Il est vrai qu’on ne peut pas mener une politique favorable à une minorité d’assistés, je veux parler des grands patrons du CAC 40 ou des actionnaires, en réduisant l’ISF, et trouver les moyens de répondre aux besoins du plus grand nombre.

La réaction que vous nous proposez n’est pas à la hauteur des enjeux. Même le bureau de l’Association des Maires de France conteste la carte scolaire de la rentrée 2011 et les méthodes employées par le gouvernement. Il est vrai aussi que vous ne brillez pas par votre soutien à l’enseignement public.

Si finalement vous n’êtes pas très à l’aise sur ce dossier, c’est que vous reconnaissez les baisses d’effectifs. Chaque année c’est le même constat. C’est le signe de la fragilité démographique de la ville, du vieillissement de la population. Quoique vous en disiez, c’est là un indicateur qui confirme nos doutes maintes fois exprimés quant à la reprise de la croissance du nombre d’habitants. C’est un révélateur de l’endormissement de notre cité.

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