Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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Du monde pour les voeux des communistes de Bourges

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Plus de 120 personnes ont fait le déplacement hier soir pour les vœux de la Section de Bourges du PCF. Je vous livre le discours que j’y ai prononcé.

Voeux section de Bourges du PCF- 31 janvier 2012
Discours de Yannick BEDIN, secrétaire de la section de Bourges du PCF

Madame, Monsieur, chers amis, camarades,

C’est traditionnel au mois de janvier, on se souhaite les vœux de bonne année. C’est parfois un peu répétitif, surtout que ce n’est pas la première cérémonie de ce genre à laquelle certains ici participent, c’est parfois un peu convenu. Mais il est toujours bon de se souhaiter du bien et du beau quand les temps sont durs, toujours utile pour revigorer l’esprit, regonfler les cœurs après une année pour certains difficile, je pense à ceux qui ont perdu un être cher ou qui ont connu d’autres difficultés que la vie ou la situation réserve. Alors je vous le dis, au nom des communistes de notre section, bonne et heureuse année à chacun et à tous.

Je dois excuser l’absence de Jean-Claude SANDRIER, retenu à l’assemblée nationale, preuve qu’il entend bien mener jusqu’au mois de juin le mandat que lui ont confié les électeurs de sa circonscription. Je dois excuser enfin l’absence de plusieurs dizaines de militants communistes, fidèles à ces vœux, mais qui sont à Paris soit pour le meeting de la CGT pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein, soit pour manifester pour défendre le service public d’éducation nationale.

Quelques mots sur l’année écoulée. 2011 aura confirmé l’ancrage de notre parti dans le Front de gauche, et comme troisième force politique de la ville et du département. Dans les élections cantonales comme dans les luttes et les combats sociaux, avec la formidable bataille sur les retraites, nous n’avons cessé de porter une autre voix que celle de la résignation ou de la capitulation. Nous avons répondu présents à chaque fois qu’une misère, une injustice se faisait jour. Nous avons en 2011, mené la lutte contre la vie chère avec une campagne de carte pétition qui a vu 6000 de nos concitoyens du Cher dire leur ras le bol de la baisse de leur pouvoir d’achat et de la hausse des prix. 2011 marque aussi l’aboutissement d’un long combat : celui de la libération de Salah Hamouri, ce jeune franco palestinien détenu illégalement dans les prisons israéliennes. Et je rappelle que le PCF a été à Bourges l’initiateur d’un comité de soutien à notre jeune camarade. Nous avons aussi réussi de beaux moment de convivialité comme les vœux l’an dernier et la Fête de l’espoir à gauche qui s’inscrit dans le paysage berruyer, offrant un espace politique mais aussi artistique à chaque fois, disant ainsi que nous ne dissocions pas nous, la politique du plaisir de se retrouver, de se battre ensemble, de partager de beaux moments et de s’élever par la culture qui nous rapproche de l’autre. A ceux qui pensent que la politique est affaire de spécialistes et de techniciens, froids et comptables, les communistes apportent un démenti cinglant comme lors de la fête de l’Huma à laquelle participent des centaines de berrichons comme en septembre dernier. Ce dynamisme, nous le devons au travail des militants communistes, à l’engagement de ces femmes et de ces hommes qui montent à l’assaut du ciel pour changer le cours des choses. Je vous invite d’ailleurs à nous rejoindre et à prendre votre place au parti communiste.

Je vous le dis : être communiste c’est ressentir avec son cœur ce qui insupporte dans la condition des êtres humains, et nous partageons cela avec d’autres, mais c’est agir avec sa tête et sa raison pour remédier à l’injustice et y substituer des solutions durables.

2011 a été aussi à Bourges, une année importante au Conseil municipal. Nous menons depuis trois ans une opposition résolue et responsable à la politique de Serge Lepeltier et de sa majorité de droite. Avec Fabiene Bourgoin et André Decourt, avec Jean Michel qui nous a rejoint en juin dernier, nous travaillons, en équipe, pour redonner un avenir à notre ville pour que chaque habitant y trouve sa place et s’y épanouisse. Je ne m’attarderai pas sur ce sujet de la politique municipale sur laquelle j’ai eu à m’exprimer lors des vœux des élus communistes. Je dirais juste qu’on ne peut pas continuer avec cette gestion improvisée des affaires de la ville par un maire absent la plupart du temps, une gestion qui coûte aux contribuables berruyers comme en témoignent le surcoût de l’opération Avaricum ou les études dispendieuses (un million d’euros) pour un palais des sports qui se fera finalement sur le site actuel du Prado... Le Maire s’est résolu à abandonner l’idée d’un palais des sports à 33 millions d’euros mettant en cause le désengagement de l’Etat dans les finances des collectivités. Quel aveu cinglant pour la politique de la droite au plan national qui asphyxie les collectivités !

Cette droite qui détruit les collectivités locales, soumet de plus en plus notre peuple, le monde du travail et de la création, à la rude loi des marchés financiers. Cette droite a ses relais locaux : messieurs Fromion, Cosyns, Pointereau, Pillet. Ils ont commencé leur mandat par le bouclier fiscal, l’ont poursuivi avec l’allègement de l’impôt sur la fortune, la baisse des charges patronales qui ne créent pourtant pas d’emplois. Ils ont consciencieusement vidé les caisses de l’Etat et des organismes sociaux. La droite détruit les services publics de la santé, du transport, de l’éducation, avec la réduction massive des effectifs et des moyens, privant ainsi toujours plus une partie grandissante de la population du droit à la santé ou à l’éducation de qualité. Les inégalités se creusent de manière dramatique. Ils nous présentent aujourd’hui l’addition sur fond de crise financière et de dramatisation de la dette.

Comme l’écrit le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz : « Ces politiques, libérales, sont de nature à rendre les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. »

La droite poursuit dans cette spirale infernale. Elle se félicite des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy dimanche. En écoutant Sarkozy dimanche, je me suis rappelé la phrase de l’écrivain Pierre Daninos que je reprendrais : « Nous étions au bord de l’abîme, nous avons fait depuis dimanche un grand pas en avant ». Le bord de l’abîme, c’est là où nous a mené la politique initiée par Sarkozy et sa majorité parlementaire depuis cinq ans. Sarkozy, Fromion, Cosyns, Pointereau, Pillet sont au service des marchés financiers qui font la guerre aux peuples, les mettent sous tutelle comme en Grèce ou en Italie où des anciens de la banque Goldman Sachs sont désormais aux manettes.

Nous en sommes au troisième plan de rigueur en quelques mois et on demande toujours plus : l’actualité nous montre que de plan de rigueur en plan de rigueur, on ne peut s’en sortir (la Grèce en est à son cinquième !)

Le président de la république a dévoilé dimanche une partie de ses objectifs : se débarrasser de la protection sociale à la française. Derrière le paravent de la compétitivité, il décide non seulement d’exonérer la totalité des cotisations familiales pour les salaires allant jusqu’à 2,1 fois le SMIC, mais aussi d’augmenter la TVA à 21,6%. La fiscalisation du financement de la protection sociale n’est pas la solution. Au contraire, il faut revenir à un financement adossé au travail qui est le lieu de la création de richesses. Il faut faire cotiser les revenus financiers à la même hauteur que les revenus du travail et non faire miroiter pour le mois d’août une très hypothétique taxe sur les transactions financières à hauteur de 0,1% . La machine de guerre contre le monde du travail est lancée par le président-candidat. La déréglementation du dialogue social avec la primauté sur la loi donnée à des accords d’entreprise est un cadeau attendu depuis longtemps par le patronat.

Et puis quand je parle de recul de civilisation, c’est que la droite rompt le pacte républicain autour de l’école qui en France a toujours été considérée comme l’élément permettant aux enfants des familles ouvrières ou des classes moyennes de s’élever socialement. Il s’appuie sur une idée fausse malheureusement répandue : celle que des enfants ne seraient pas fait pour l’école et devraient donc la quitter prématurément. Pourtant les chefs d’entreprise de PME le disent : aucun ne souhaitent aujourd’hui avoir « dans les pattes » un gosse de quatorze ans qui ne maîtriserait pas les savoirs fondamentaux. Et les chiffres parlent d’eux même : - de 1% de jeune en alternance dans les entreprises de moins de 250 salariés. Alors que l’évolution de la production et des services nécessite des qualifications toujours plus grandes et pointues, que c’est la chance pour notre économie d’avoir des emplois qualifiés (et qui fait que notre pays le 4ème dans le classement pour les investissements étrangers) la droite nous propose le chemin inverse. En annonçant le recours massif à l’apprentissage, le président ne fait pas seulement preuve de démagogie. Il instille l’idée qu’il y a des enfants fait ou pas pour les études, c’est la théorie du don qui prévaut sur celle de la qualité de la formation. Et bien non nous nous disons que l’école de la république doit faire plus pour ceux qui n’ont pas les mêmes chances au départ que les autres, pour donner la meilleure formation à tous, c’est ça qui est gagnant pour les entreprises et le pays.

Alors pour 2012, nous communistes, avec le Front de gauche, nous annonçons la couleur pour cette année qui s’ouvre : le vrai courage n’est pas de se mouler dans le cadre de la finance et des exigences des banquiers, mais bien d’affronter les « banksters » qui font les poches du peuple.

En près de 30 ans, 10% de la totalité de la richesse produite en France est passée des poches des salariés à celles des actionnaires, soit 195 milliards d’euros par an. Selon l’INSEE, 10% des Français détiennent 50 % de l’argent et du patrimoine en France ! Il faut donc rétablir l’équilibre en faveur du monde du travail, le seul créateur de richesses, en augmentant les salaires et les pensions. L’argent existe, il n’y en a jamais tant eu, nous savons où le trouver !

Nous aurons et nous avons ce courage avec Jean-Luc Mélenchon, notre candidat à l’élection présidentielle.

Nous avons ce courage avec nos candidats à l’élection législative de juin prochain : moi même dans la première circonscription, Nicolas Sansu dans la deuxième et Nadine Méchin dans la troisième.

Le Front de gauche tient haut les valeurs et les principes de la gauche face à une droite du recul. C’est le front de gauche qui incarne aujourd’hui les intérêts des ouvriers, des salariés, des chômeurs, des cadres pour une réorganisation de l’économie tournée vers la satisfaction des besoins humains. C’est le Front de gauche qui est tous les jours sur le terrain auprès des salariés, ce n’est pas le FN qu’on nous présente à tort comme le défenseur des travailleurs alors que l’extrême droite est contre la retraite à 60 (vous les avez vu dans les manifs l’an dernier ?).

C’est le Front de gauche qui ne recule pas sur l’âge de la retraite à 60 ans et à taux plein et qui défend les meilleures mesures de la période 1981-1983 du temps de l’union de la gauche qui a donné aussi à cette époque la cinquième semaine de congés payés.

A ce propos, j’ai fait un cauchemar il y a quelques semaines : nous étions en 2017, Sarkozy finissait son deuxième mandat et lançait le débat sur la remise en cause de la cinquième semaine de congé payé ; la droite au pouvoir défendait cette suppression arguant de la compétitivité des entreprises françaises, et le candidat de gauche qu’on nous présentait comme le mieux placé (une fois encore), ergotait sur le nombre de jours qu’il faudrait supprimer. Et bien, si nous ne voulons pas en arriver là, si nous voulons que la gauche gagne, il ne faut concéder aucun recul sur les acquis du monde du travail ! C’est maintenant qu’il faut le dire en 2012 aux présidentielles et aux législatives !Face à une droite qui se vante d’être décomplexée, il faut une gauche décomplexée qui se rassemble sur ses valeurs et ne cède rien !

Je le dis : il y a un débat à gauche sinon il n’y aurait qu’un candidat mais il n’y a qu’un adversaire : la droite et sa version extrême. C’est parce que la gauche saura se rassembler sur un projet et des mesures concrètes pour les gens, les salariés et leurs familles, qu’elle gagnera.

Et j’ajouterais : ce qu’une majorité politique a détruit pendant cinq au service des plus riches, une autre majorité politique en juin peut le reconstruire au service du plus grand nombre à condition d’affronter les marchés financiers.

Partager les richesses pour construire une société de l’égalité et de la justice sociale est la seule alternative. Rendons la possible en s’engageant à fond dans les semaines et les mois qui viennent pour faire gagner les candidats du Front de gauche.

Je terminerai avec ces mots de Victor Hugo : « Rien n’arrête une idée dont le temps est venu » !

Je vous remercie.

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