Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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Hommage aux communistes du Cher morts pour la Libération

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Ce soir se tenait à l’occasion des cérémonies pour la Libération de Bourges, le traditionnel hommage rendu par la Fédération du Cher et la Section de Bourges du PCF. Présidée par Jean-Michel Guérineau, secrétaire départemental du PCF, la cérémonie a rassemblé une cinquantaine de personnes, et parmi elles, les conseillères municipales de Bourges, Magali Bessard et Annabelle Langer. Ci-dessous, l’allocution que j’ai prononcée à cette occasion.

Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades,

Voilà 72 ans, la France se libérait de quatre années d’occupation nazie et d’un régime qui avait mis fin à la République, plongeant notre pays dans une longue nuit de terreur et de barbarie.

Voilà 72 ans, durant l’été 1944, les combats de la Libération faisaient rage ; ils devaient aboutir le 6 septembre à la Libération de Bourges puis du Cher tout entier. Plusieurs mois après, le 8 mai 1945, l’Allemagne hitlérienne capitulait. L’Europe sortait meurtrie et traumatisée d’un conflit qui n’eut aucun équivalent dans toute l’Histoire humaine : les déportés survivants des camps de concentration pouvaient enfin rentrer chez eux, ainsi que les prisonniers de guerre et les requis du STO. La République pouvait renaître sur notre sol.

Cette renaissance avec la Libération, nous la devons aux armées alliées états-unienne, canadienne, anglaise. Nous la devons à l’Armée rouge soviétique qui paya le plus lourd tribut dans les combats pour la libération de l’Europe et dont les offensives furent décisives pour la victoire finale.

Nous devons cette renaissance, à celles et ceux qui ont rejoint le général De Gaulle pour former les Forces Françaises libres. Nous devons cette renaissances aux troupes coloniales originaires du Maghreb ou d’Afrique de l’Ouest et qui ont débarqué sur les plages de Provence.

Nous devons cette renaissance aussi, et ne l’oublions pas, à ces milliers d’anonymes qui ont caché et aidé des résistants pourchassés ou qui ont porté secours au péril de leur vie, aux enfants juifs ou à des familles juives, les soustrayant à la déportation vers les centres de mise à mort.

Mais il n’y aurait pas eu de renaissance sans la Résistance, sans ses valeurs et son programme, celui du Conseil national de la Résistance, forgées dans la lutte.
Nous devons cette renaissance, à ces Français et à ces étrangers vivant sur notre sol, qui se sont organisés pour résister, au cœur d’un pays occupé par l’Allemagne nazie et dirigé par les traîtres et collaborateurs français.

Parmi ces résistants, il y a les communistes. Dès 1940, contraints de se réorganiser dans la clandestinité, les communistes ont été à l’avant garde et au premier rang du combat pour la liberté, pour l’indépendance et la souveraineté nationale.

Comme le notait en décembre 1940 le préfet du Cher : «  le PCF dans le Cher est la seule organisation politique faisant preuve d’une activité qui ne soit pas individuelle et isolée ».

Parmi tous les communistes qui se sont mobilisés contre l’occupant et ses valets, il y a ceux dont les noms figurent ici sur cette stèle. Impressionnante liste en vérité, qui témoigne de l’ampleur du sacrifice des militants communistes.

Parmi eux je citerais André Giraudon, Lucien Chailloux, Jacques Massé, Jean Loth, Jacques Rivet, Maurice Lelièvre, Roger Leclerc, Roger Thebault, puis Gabriel Godard, André Bavouzet, Marcel Bidaud fusillés en 1942. Rappelons la mémoire d’Albert Kayser, Louis Buvat, Roger Rivet et plusieurs autres camarades du Cher déportés la même année à Auschwitz où les nazis les firent périr immédiatement ; celles de Louis Chevrin, Roger Melnick, Henri Jacquet, Girardot, Antonin Lérault, fusillés en 1943, et de tous ceux, hommes et femmes dont les noms sont devant nous.

«  Nous nous battons pour la liberté. Que tous les combattants ne soient pas au défilé,chacun le sait avant de s’engager et aucun ne voudrait déserter parce qu’il risque de tomber avant la fin. Ce qui serait horrible, ce serait de mourir pour rien, de mourir sans avoir rien fait de sa vie. » Ainsi parle Paul sous la plume de Charlotte Delbo. Tous ceux là n’étaient pas au défilé de la victoire mais c’est à eux qu’on la doit. N’oublions jamais !

Que cet hommage soit aussi l’occasion de saluer la mémoire de celles et ceux qui ont survécu à cette période mais nous ont quittés au fil des années.

Le PCF peut s’enorgueillir d’avoir compté dans ses rangs tant de femmes et d’hommes, « amoureux de vivre à en mourir » comme le chante Aragon.
Toutes ces femmes, tous ces hommes, souvent jeunes voire très jeunes à l’époque, ne pouvaient supporter de voir leur liberté entravée, leur patrie profanée, la République bafouée. Comme communistes, ils avaient eu à organiser la solidarité avec les Allemands fuyant le nazisme dans les années 30, ils avaient directement ou indirectement apporté leur assistance à la République espagnole à partir de 1936. Ils avaient combattu les forces qui en France rêvaient d’un ordre nouveau en Europe et qui virent à l’occasion de la débâcle, leur heure arriver pour se débarrasser de la République et du mouvement ouvrier si puissant quelques années auparavant avec le Front populaire.

Car rappelons le, le grand patronat français, servi par des politiciens sans scrupules, avait fait le choix de la défaite en 1939. Ils l’ont fait car ils y voyaient l’occasion de se débarrasser des conquêtes ouvrières du Front populaire. Ils l’ont fait par un coup de force soutenu par une très grande partie de la droite mais aussi malheureusement de la gauche emmenée par entre autre Pierre Laval. L’Assemblée nationale le 10 juillet 1940 votait les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain à l’exception de 80 parlementaires et des élus communistes déchus de leur mandat.
Cette collusion du grand patronat, du monde des affaires avec une partie du monde politique s’est reformée ces vingt cinq dernières années. Ils défendent les mêmes intérêts, ceux d’une minorité de parasites qui organise la crise pour mieux se servir. Cette minorité c’est celle des 1 % les plus riches du monde dont le patrimoine cumulé a dépassé l’an dernier celui des 99 % restants. Oui le patrimoine des plus riches en France continue de s’accroître et le nombre de personnes assujetties à l’impôt sur la fortune ne cesse de croître. Pendant ce temps pour la majorité, c’est le gel des salaires, les hausses de cotisations en tout genre, les taxes, le chômage ou la précarité, le recul des services publics comme ceux de la santé ou de l’éducation.
Ce monde de la finance, qui n’a pas de patrie, et n’a plus de cravates, qui court après l’optimisation fiscale (entendez de l’évasion fiscale qui coûte à la France 60 à 80 milliards d’euros par an) a trouvé dans ce président et ce gouvernement, comme dans les précédents, des serviteurs, des laquais zélés.

Dans le même temps, alors que la France est la 6ème puissance économique mondiale, 1,2 millions d’enfants soit un enfant sur dix est un enfant d’une famille pauvre selon une étude récente publiée par le Figaro. Le nombre de SDF a doublé en 10 ans. Comment ne pas voir que les inégalités, l’injustice sont érigés en système au bénéfice de quelques uns. Et c’est cela que les dominants veulent cacher.

La misère et les injustices qui grandissent, tant au plan national qu’international, font le lit des obscurantismes et des extrémismes, alimentent les conflits, les peurs, les fantasmes.

Dans la période que nous traversons, nous ne devons pas nous laisser dévier de cette lutte sans merci contre la finance et ses représentants, nous devons dénoncer ceux qui instrumentalisent la peur et telle ou telle religion pour servir leurs desseins ou leurs ambitions mais surtout pour détourner le regard des salariés, des exploités des véritables raisons de leurs difficultés. « Oui il est temps que la misère succombe » et les communistes sont au premier rang pour la combattre et pour combattre toutes les récessions. Et nous aurons l’occasion le 15 septembre prochain, aux côtés des salariés et de leurs organisations syndicales, d’exiger l’abrogation de la loi travail, synonyme de reculs sans précédent depuis la Libération. Le Parti communiste sera aux côtés des grévistes et des manifestants.
Si nous voulons que nos camarades il y a plus de 70 ans ne soient pas morts pour rien, il faut nous montrer dignes des valeurs et des combats qu’ils ont portés et qui ont permis à la France en 1945, pourtant plus pauvre qu’aujourd’hui, de se reconstruire, de créer la Sécurité sociale, de grands services publics, des droits nouveaux pour les travailleurs. Tout ce qui finalement est remis en cause, cassé, détricoté depuis trente ans comme une revanche des forces défaites en 1944.

Aujourd’hui comme hier, les communistes sont au premier rang pour défendre les conquêtes arrachées dans les luttes et dans les combats du XXème siècle. Nous sommes au premier rang pour permettre l’union du peuple pour qu’enfin la devise de la République de Liberté, d’égalité et de fraternité trouve sa traduction concrète et durable dans un nouveau projet pour la France dont le coeur sera la démocratie intégrale tant sur le plan politique qu’économique, pour que le peuple retrouve sa pleine souveraineté face à une Union européenne qui la lui vole, dans une 6è République réellement démocratique et sociale.

« Le plus terrible de tous les sentiments est le sentiment d’avoir l’espoir brisé. » écrivait le poète Federico Garcia Lorca assassiné il y a 80 ans par les fascistes en Espagne. Face aux désillusions d’une grande partie du peuple, déçu par le parti socialiste au pouvoir, et comme nous avons su le faire hier en rassemblant, nous devons reprendre la marche vers de nouvelles conquêtes sociales et de nouveaux droits. Alors en avant.

Vive le Parti communiste français, vive la République et vive la France !

Je vous remercie.

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