Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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Le jour du 14 juillet

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Le bruit des bottes sur le pavé des Champs Élysées le 14 juillet semble avoir réveillé la candidate d’Europe écologie-les Verts et lui donne l’occasion d’exister un peu dans la torpeur des congés d’été.

Une polémique au lendemain de la Fête nationale s’est ouverte : savoir s’il est opportun de faire défiler l’armée le jour du 14 juillet. Celle ci est prétexte à des considérations bien peu républicaines, mais on a désormais l’habitude, de la part d’une droite qui court à perdre haleine après les voix de l’extrême-droite : Éva Joly ne serait pas une "vraie française". Voilà de quoi saborder un peu plus les cours d’éducation civique des enseignants du pays qui s’échinent à expliquer à leurs élèves, qu’être français n’est ni une question d’origine, ni une question de couleur ou de religion mais bien d’adhésion aux principes de la République et à la communauté de citoyens qu’on appelle la nation. Je propose de renvoyer Fillon et quelques parlementaires UMP sur les bancs de l’école pour réviser cela.

Un débat chasse l’autre. Eva Joly au final, flatte l’antimilitarisme d’une partie de son électorat et un pacifisme de principe arc bouté sur des symboles. C’est oublier que la guerre est d’abord un outil au service d’une politique, et que certaines guerres ne voient aucune armée intervenir dans leur déroulement. Bref si l’armée fait la guerre, ce sont des gouvernements qui la décident, soutenus parfois par des parlementaires...comme Éva Joly.

Favorable à l’intervention française en Libye, Eva Joly se garde bien d’aborder les grandes questions qui permettraient pourtant de changer les relations internationales : le retrait de la France de l’OTAN, de Libye, d’Afghanistan, d’Afrique, le développement de relations équitables et de coopérations avec les pays en développement, le changement de l’ONU pour le respect des droits universels...

Au delà de la polémique pour savoir si l’armée doit défiler ou non le jour du 14 juillet, [même s’il faudrait s’interroger sur le lien entre l’armée et la nation ; je serais d’ailleurs assez favorable au défilé citoyen proposé par Mme Joly], d’autres débats cruciaux doivent être soulevés. Gageons qu’ils le seront lors de la campagne présidentielle. Celui sur le rôle que doit avoir l’armée française et des intérêts qu’elle sert par exemple. La mort récente de sept soldats français en Afghanistan montre à quel point cette guerre n’est pas la nôtre, qu’elle coûte en vies humaines et en moyens. Au service de quelle politique étrangère nos soldats sont-ils envoyés ?

Plus largement il convient de s’interroger sur notre politique de défense et sur l’avenir de nos industries d’armement. Je défends l’idée que la défense nationale est un outil de notre souveraineté, et donc de la démocratie (tous les pays qui n’ont pas à proprement parler de défense nationale sont sous la "protection" des États-Unis). Quant à la production d’armes et d’équipement militaire, tout doit être fait pour la soustraire aux lois du marché et du commerce. On le voit bien : la disparition de notre industrie d’armement, et nous en sommes témoins à Bourges, se traduit par une intensification du commerce des armes servie par une libéralisation du secteur. La privatisation des industries d’armement s’accompagne en outre, d’une privatisation de la guerre comme on le voit avec l’action de sociétés privées de sécurité et de défense agissant pour le compte des États en Irak par exemple.

Redonner au peuple, et donc à la nation, la maîtrise de sa politique de défense est un impératif si nous voulons écarter les aventures impérialistes et refonder les relations internationales. Le Front de gauche s’y emploie.

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