Yannick Bedin

Conseiller municipal de Bourges et Bourges Plus Secrétaire de la section de Bourges du PCF

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Reprise

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La période estivale s’achève. C’est le temps des universités d’été avec son interminable défilé, dans les média, de personnalités politiques que l’on voit à longueur de temps et d’antenne le reste de l’année. Je passe sur La Rochelle où finalement, à part décliner la rigueur et l’austérité sur des modes différents, rien ne distingue les candidats socialistes à leur primaire. Les solutions prônées sont timorées et ne correspondent ni aux enjeux, ni aux besoins. Ainsi et à titre d’exemple : aucun de ceux qui se présentent de ce côté là, n’entend remettre en cause la loi sur les retraites de Sarkozy ; tous plaident pour l’allongement de la durée de cotisation pour les salariés au nom du principe stupide : « on vit plus longtemps donc il est normal de travailler plus longtemps ». Cette gauche là a renoncé à l’objectif qui reste le nôtre depuis deux siècles : réduire toujours plus le temps de travail des femmes et des hommes, en somme ne pas perdre sa vie la gagner. Les composantes du Front de gauche (PCF et PG) qui tiennent haut le flambeau de ces valeurs, loin du tohu-bohu de la bataille des égos, se seront heurtés au mur du silence médiatique ce week-end pour leurs universités d’été ; des fois qu’une autre voix se fasse entendre, une voix qui ferait réfléchir et agir pour changer la donne et construire un autre monde sur les ruines de celui qui s’effondre sous nos yeux !

Mercredi, la purge. Fillon annonce son plan pour lutter contre les déficits. Tout cela apparaît bien modeste et surtout très injuste : sur 11 milliards de coupes claires moins de 10% seront donnés par les plus riches et encore, provisoirement. Je retiens surtout que les annonces faites invalident la politique menée depuis 2007, non pas en raison de la crise comme dit la droite, mais parce que les contre-réformes menées ont alimenté justement la crise.

Leurs mesures ont aussi alimenté le chômage. Un exemple me revient à l’esprit. C’était en 2007 pendant la campagne que je menais pour les législatives. Porte à porte dans un quartier populaire de la circonscription où j’étais candidat. Un homme m’ouvre : il a voté Sarkozy parce que dit-il "le travailler plus pour gagner plus" l’a séduit. Mais lui cherche un emploi. Je lui fais remarquer que les mesures annoncées à l’époque de défiscaliser les heures supplémentaires pour les entreprises rendront plus difficile l’accès à l’emploi de ceux qui en sont privés. J’ignore s’il a trouvé un emploi depuis mais je crains que non à voir la courbe du chômage augmenter sans cesse.

Mais à quelque chose malheur est bon comme dit le proverbe. la reconnaissance de l’insuffisance des recettes pour répondre aux besoins collectifs est aujourd’hui largement partagée et même les plus riches sont montrés du doigt ! Ce que nous disons au PCF, dans et avec le Front de gauche, fait son chemin. La question n’est pas l’importance des dépenses publiques et sociales (dont la réduction produit les effets néfastes qui se font sentir sur l’emploi, à l’école, à l’hôpital, dans les collectivités ou même à la pharmacie lorsqu’on s’aperçoit que l’on paye toujours plus de sa poche les médicaments). La question est celle de l’insuffisance des recettes. Nous, au Front de Gauche, nous saurons faire en rétablissant la progressivité réelle de l’impôt et les cotisations sociales que doivent les grandes entreprises au système commun. Finalement, c’est bien d’un projet nouveau de société qu’il est question car cette crise loin de nous désorienter, crée du sens.

« Aujourd’hui, on est obligé de penser ». C’est en substance ce que je retiens de l’entretien donné par le metteur en scène, Bernard Sobel au journal Le Monde. Au passage, nous avons tout à gagner à gauche à nous inspirer des réflexions de grands intellectuels comme Sobel. Penser ce qui depuis vingt ans apparaissait au plus grand nombre comme utopique : le dépassement du capitalisme. C’est une évidence que nous sommes à la fin d’un cycle qui balaie les fausses vérités sur l’importance des marchés financiers, sur les nécessaires efforts que le monde du travail devrait consentir pour le bien être d’une minorité de parasites. Et ce à quoi nous invite l’homme de théâtre c’est à réfléchir au présent et à penser l’avenir à l’aune de la crise financière.

Un mot sur le décès de Jean Joly, fondateur de la Poterne. Cette disparition attriste les habitués, dont je suis, de cette librairie. Jean Joly a créé ce lieu d’échange littéraire dans un endroit où on ne se contente pas de vendre des livres mais où on peut en parler d’abord. La Poterne a survécu à l’arrivée des groupes de consommation culturelle que sont la FNAC ou Cultura dans notre agglomération. La petite librairie du haut de la rue Moyenne se porte bien. On le doit à Jean Joly et à son équipe, sensibles et à l’écoute des passionnés de livres et de textes. Jean Joly a tenu sa place jusqu’au bout dans ce lieu devenu insolite. Il a fait oeuvre utile dans la diffusion des idées dont nous avons un impérieux besoin dans cette période troublée. Qu’il en soit remercié.

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