dimanche 30 novembre 2008
Quand il n'y a plus de foin...
Par Yannick Bedin, dimanche 30 novembre 2008 à 15:50 | global
Ça y est! Alors que la querelle d'égo semble se calmer au PS, voilà qu'elle s'engage au PCF. Je regrettais presque dans un de mes derniers billets, que les média ne s'intéressassent pas aux débats traversant le congrès du PCF, faute de guerre des chefs. Et bien nous l'avons.
C'est Robert HUE qui vient de lancer un petit caillou dans la chaussure de Marie-George BUFFET. Certes, il ne brigue pas le poste qu'il a occupé près de 10 ans mais il annonce en même temps sa démission des instances dirigeantes du parti et brandit sa volonté de lancer une initiative dans les jours qui viennent.
Devais je ou non consacrer un billet à cette annonce au risque d'alimenter une polémique et de me déclarer en même temps d'un camp ou de l'autre? J'ai tranché (terme à la mode dans les débats préparatoires du 34ème Congrès). Cette déclaration fracassante qui permet de braquer les projos sur un parti qui n'intéressait plus guère les média ces dernier temps, aura donc les faveurs modestes, du militant communiste que je suis.
Quand il n'y a plus de foin dans l'écurie, les chevaux se battent entre eux
dit une maxime populaire. Je la préfère, dans le contexte et par charité, au proverbe chinois disant que le poisson pourrit par la tête
, pour désigner la déliquescence d'une organisation ou d'une société.
Sénateur communiste, président de la Fondation Gabriel Péri, créée sous les auspices du PCF, l'ancien dirigeant sème la confusion à l'heure où se profilent des rassemblements prometteurs, notamment avec le Parti de la Gauche et d'autres. Il faut dire que la confusion est un peu la marque de fabrique du successeur de Georges MARCHAIS. Initiateur d'une mutation du PCF dans les années 1990, projet louable au demeurant mais qui dans la pratique préparait, non pas un renouvellement du PCF, mais une normalisation visant à mieux intégrer la gauche plurielle. Confusion des repères et des termes (on parlait à l'époque des gens
et non plus des salariés
), érection du culte du doute permanent et de l'auto flagellation éternelle sur le passé communiste et ses erreurs, soutien aux dirigeants états-uniens après le 11 septembre 2001 (qui fût sifflé à la Fête de l'Huma) et à l'intervention française en Afghanistan, absence de critique véritable et surtout d'actes probants quant aux privatisations du Gouvernement Jospin, quand nous ne les assumions pas nous même,... Sans parler des gages de modernité donnés à la société: montée des marches à Cannes du Secrétaire national, défilé Prada (et non Pravda, vous avez bien lu) au Colonel fabien... la liste est longue des errements qui ont contribué à l'époque, à la situation où nous sommes aujourd'hui: un PCF en voie de banalisation et donc de marginalisation. Le bilan de celui qui est passé de 8% en à la présidentielle de 1995 à 3% en 2002, devrait le conduire à plus d'humilité.
Je ne peux m'empêcher de penser que cette irruption dans la dernière phase de notre congrès, n'est pas due au hasard. En tout cas, elle n'a pas mon soutien, vous l'aurez compris, tant elle est la négation de ce à quoi j'aspire: un parti aux pratiques et à la pensée renouvelées, au service du rassemblement et du changement.
Je me suis abstenu de tout commentaire concernant le psychodrame qui se jouait rue de Solférino. J'avoue ne m'être pas senti concerné par les soubresauts de l'élection du premier secrétaire du PS. Comme beaucoup, mes préoccupations sont ailleurs: pouvoir d'achat, casse des services publics, conséquences de la crise financière... et puis le congrès du PCF.
La venue à Bourges hier du 1er secrétaire de l'Ambassade (l'ambassadeur retenu à Caracas était excusé) de la République bolivarienne du Venezuela a été un événement. Accueilli par la Fédération du Cher du PCF et Jean-Claude SANDRIER, Député du Cher, accompagné par Obey AMENT, chargé des relations avec l'Amérique latine à la direction du PCF, Farid FERNANDEZ a rencontré dans un premier temps un certain nombre d'associations dans le cadre d'une table ronde en fin d'après midi.
Il y avait deux débats d'importance ce soir dans notre département.
Il y a 90 ans se terminait la Première Guerre mondiale qui inaugurait le XXème siècle. Premier conflit industriel et technologique, il devait changer durablement le vieux continent. La Première Guerre mondiale résonne et fait écho aujourd'hui car ce qu'il faut bien appeler l'impérialisme, continue ses ravages un peu partout sur la planète. Je vous livre ici ce qu'écrivait Rosa Luxemburg, assassinée au lendemain de la Guerre.
Bon, j'avoue que ce titre pêche peut être par optimisme. On assiste plutôt pour l'instant, à une décomposition du paysage politique à gauche.
La
Je devrais dire étatsunienne... L'élection d'Obama suscite de grands espoirs. Un noir à la tête de la première puissance mondiale, un président jeune de surcroît, il y a de quoi s'enthousiasmer. A cela s'ajoute la lucidité du peuple des Etats-Unis qui a placé avec Obama, la question sociale au coeur de ses choix.