Fin 2007 auront lieu les élections présidentielles et législatives. L'enjeu est de taille pour les forces et les citoyens progressistes, résolus à battre la droite, qu'elle soit rangée derrière Sarkozy, de Villepin ou même Chirac. Leur politique, car ils sont tous les trois aux responsabilités, se résume depuis 2002 à détruire un système social né du Front populaire et des luttes de la Résistance. C'est une politique de revanche sociale, au service des plus riches et des actionnaires, comme en témoignent les derniers cadeaux fiscaux faits par la majorité lors du vote du budget. C'est une politique qui détruit un à un les fondements de la République, en exarcerbant les communautarismes, en remettant en cause la laïcité.

Pour donner le change aux classes populaires et aux classes moyennes de plus en plus fragilisées, la droite agite la peur et mène une politique sécuritaire. Elle entend bien en refaire comme en 2002, l'axe majeur du débat politique pour les prochaines échéances.

Il y a cependant quelques raisons d'espérer que le scénario dans lequel on voudrait enfermer notre peuple ne se déroule pas comme annoncé. Contre toute attente, le formidable mouvement de mobilisation anti-libérale que nous avons connu lors du référendum sur le TCE en 2005, a permis de poser les vrais enjeux de société, les choix économiques et sociaux. Pour la première fois, le libéralisme et la capitalisme ont été mis en accusation, dans une campagne exigeante et dans un débat où ont pris place intellectuels, forces sociales, militants et partis politiques, citoyens. Le résultat du 29 mai a couronné de succès cette dynamique menée par la gauche anti-libérale. Une dynamique en phase avec le monde du travail et les quartiers populaires qui ont massivement rejeté le projet libéral proposé, exprimant un véritable vote de classe.

Néanmoins, il reste à bâtir un projet alternatif à celui de la droite et de la gauche libérale. Un projet suffisamment mobilisateur et crédible pour ne pas retomber dans une campagne où la droite en déterminerait une fois de plus les thèmes, au premier rang desquels la politique sécuritaire, et où la gauche, paralysée par ses divisions, se rangerait au final derrière un PS dominé par le social libéralisme. Pour éviter cet écueil, les forces de gauche anti-libérales doivent-elles travailler à des candidatures communes pour les prochaines échéances? N'y a-t-il pas urgence à sortir du jeu électoraliste traditionnel, où chaque parti se doit de présenter un candidat pour exister? Doit-on se résoudre à la multiplication des candidatures à gauche, au risque d'alimenter un bipartisme qui étouffe la vie démocratique et qui ne remet jamais en question finalement la politique libérale? Les conditions ne sont-elles pas aujourd'hui réunies pour créer un élan, comparable à celui du Front populaire il y a 70 ans, capable de traduire politiquement les aspirations du monde du travail qui s'expriment fortement dans les mouvements sociaux et les luttes depuis 1995, mais qui n'arrivent pas à s'imposer?