Dans un entretien publié dans le Monde d'aujourd'hui, la candidate socialiste à la candidature prône l'expulsion des délinquants étrangers jugés "les plus dangereux" après leur sortie de prison. Après l'appel à l'armée pour les jeunes "difficiles", Mme Royal continue dans la surenchère sécuritaire. Le danger, c'est qu'elle donne de la légitimité à des propositions portées par d'autres, notamment à droite et à l'extrême droite.
La double peine est en soi inacceptable: une personne ne devrait pas être condamnée deux fois pour le même délit ou crime. La légitimer, même dans des cas extrêmes, c'est accepter qu'un étranger soit soumis à une législation d'exception, à laquelle échapperait un Français ayant commis le même délit ou crime. C'est accepter de condamner une personne, non seulement pour ce qu'elle a fait (ce qui est logique) mais aussi pour ce qu'elle est (ce qui relève d'une toute autre logique).
Il y a plusieurs mois déjà, un responsable socialiste vantait les quotas d'immigration rendant ainsi crédible "l'immigration choisie", mesure phare de la loi CESEDA de Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas, je crois, avec de telles propositions, qu'on sortira l'immigration des enjeux politiciens et qu'on changera le regard que porte une partie de la société française, sur les étrangers ou les personnes d'origine étrangère. Ce n'est pas comme cela que l'on pourra s'attaquer à ce qui mine notre société: la loi du fric et du profit, en désignant toujours l'étranger comme le responsable à des degrés divers, des maux de notre société!