J’avoue que la proposition lancée par Ségolène Royal d'instituer des jurys populaires chargés de contrôler les élus, m’agace passablement. D’abord parce ce qu’il fait écho à un sondage réalisé pour le CEVIPOF, dont il ressort que 60% des Français jugent leurs élus corrompus. En mettant en avant cette proposition, la candidate socialiste à la candidature jette un peu plus la suspicion sur eux. Elle fait le lit du populisme, une fois de plus.
La réalité des élus est toute autre. Pour ne prendre que mon cas, semblable à des milliers d'autres conseillers municipaux en France, je n’ai pas d’indemnité, je n’ai pas de remboursement de frais, je paie mes PV de stationnement. Le seul avantage
que j’ai, comme tout conseiller municipal à Bourges, c’est une carte de parking pour me garer à la mairie. Cette réalité est mal connue: encore récemment, quelqu'un croyait que j'exerçais le métier de conseiller municipal!
Je connais de nombreux élus, à divers niveaux et de tous les bords: je n’en connais pas de corrompus. Pour ce qui est des élus communistes, je tiens à préciser que lorsqu’ils perçoivent une indemnité, celle-ci est reversée au PCF en totalité. Ce dernier en redonne une partie, si l’élu n’a pas de revenu autre. C’est un principe statutaire et sain, que seul le PCF applique.
Quand aux jurys populaires, je ne vois pas, dans une démocratie digne de ce nom, à quoi servirait une telle mesure. Le suffrage universel n’est-il pas la sanction de l’action d’un élu ? Quelle valeur aurait-il dès lors que l’on appliquerait cette proposition ?
Entendons nous bien. Je ne suis pas en train de plaider le conservatisme en matière institutionnelle. Je crois que nos institutions doivent être refondées.
J’ai toujours détesté l’idée qu’être élu puisse être un métier. La limitation à un seul mandat important ne permettrait-elle pas de redynamiser la démocratie avec un renouvellement plus fréquent du personnel politique et une meilleure représentativité ? La citoyenneté de résidence m’apparaît aussi être une idée à creuser, pour ouvrir à tous les résidents, quelque soit leur nationalité, le droit de vote à toutes les élections et d’éligibilité aux élections locales. Localement, je suis favorable au budget participatif, discuté avec les habitants. Pourquoi ne pas laisser des conseils de quartiers décider de financer des projets décidés en commun ? Ce ne sont que quelques propositions qui me paraissent ouvrir autrement le débat sur les institutions dont nous avons besoin, dans cette Vème République agonisante.