Yannick Bedin - Conseiller municipal de Bourges

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mercredi 27 décembre 2006

Exit 2006

L’année 2006 s’achève. Une année qui s’annonçait prometteuse, après la victoire contre le traité constitutionnel européen, mais qui s’achève sur une grande déception sur le plan politique. J’en retiens deux événements majeurs.

Le premier, c’est l’éclatante victoire de la jeunesse et du monde du travail contre le CPE. Une mobilisation réussie, c'est-à-dire permettant une victoire sociale; voilà qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps. Jusque là, le mouvement social s’était heurté à l’intransigeance du gouvernement et de la droite en général, prenant appui sur la division et les stratégies brouillonnes du mouvement syndical.

Le deuxième événement, c’est la mort du mouvement antilibéral dans sa forme politique unitaire. Né d’une espérance qui prend racine dans la bataille référendaire sur le traité constitutionnel européen en 2005, renforcé par la victoire contre le CPE, le mouvement unitaire n’aura pas franchi l’écueil de la désignation d’un candidat commun pour l’élection présidentielle. Oui c’est bien d’un événement dont il s’agit : avec la fin de ce processus unitaire, la perspective de changer la donne politique en France, à gauche en particulier, s’éteint. Tous ceux qui, comme moi, sont las de ces institutions moribondes et de l’hégémonie sociale libérale à gauche, sont forcément déçus.

Je me souviens d’un responsable syndical qui, lors des grèves de 1995, me disait que nous ne tiendrions pas longtemps si nous nous contentions de consolider la digue sociale pour éviter qu’elle ne cède sous les coups de boutoir du libéralisme. Onze ans après, les querelles politiciennes, les chamailleries pour des problèmes d’ego, les stratégies à courte vue, auront eu raison d’une dynamique et d’une espérance qui offrait une perspective politique crédible aux luttes qui se mènent, et dont le dénominateur commun est la lutte contre les politiques libérales.

Je sais, ce billet ne brille pas par son optimisme. Mais comment l’être après une telle désillusion?

mardi 19 décembre 2006

Ouf!

Après plus d’une semaine d’interruption, due à un emploi du temps chargé, je reprends l’activité de ce blog. Je vous avertis cependant que connaissant encore quelques problèmes de connexion internet, les billets cette semaine seront rares.

Bien que très pris la semaine passée, j’ai quand même eu le temps d’écouter le dernier CD de Sylvain PICOT, chanteur berruyer…dernier CD mais premier vrai album. Intitulé « Tout le monde pareil », c’est un vrai bonheur. Bon d’accord, c’est un copain, mais franchement, ça vaut le détour : les paroles, toujours aussi bien ciselées, sont portées par des musiciens et des arrangements de grande qualité. J’ai manqué leur présentation jeudi dernier au Conseil général, mais de l’avis de ceux qui y ont assisté, ce fut un grand moment. Coup de chapeau au passage au Conseil général du Cher, et particulièrement à Jacqueline Jacquet, qui ont soutenu ce travail.

Semaine bien remplie disais-je. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me pencher sur les derniers rebondissements du mouvement antilibéral. Déçu par le week-end des 9 et 10 décembre (voir le billet précédent sur ce sujet qui a fait réagir quelques uns d’entre vous), je reste dans l’expectative. Que faire? Pas simple. Gageons que cette semaine nous permette d’y voir plus clair et de sortir de ce blocage par le haut comme on dit. L’attente existe comme me le rappelaient certains de mes collègues à la manif enseignante de lundi. Ne pas décevoir, mais ne pas se commettre non plus dans un rassemblement d’où la confiance serait absente et qui nous conduirait à la cacophonie et donc à l’échec.

La semaine écoulée s’est terminée par le conseil municipal. J’en retiens le pharaonique projet Avaricum qui nous fût présenté. Exit les habitants et le logement social…place à une opération immobilière juteuse. Je me dis que Bourges change et qu’elle se privatise. C’est d’ailleurs l’image que donne le marché de Noël en ce moment place Etienne Dolet. Un marché livré clé en main, insipide et aseptisé d’où les habitants comme les commerçants du centre-ville sont absents. Dommage.

dimanche 10 décembre 2006

La mort d'un assassin

Pinochet est mort, dans un lit d'hôpital à 91 ans. Le dictateur chilien a été soutenu par les Etats-Unis au nom de la préservation de leurs intérêts dans la région et de la lutte contre le communisme.

Ma rencontre avec la lutte des Chiliens contre la dictature remonte à la fin des années 80. C'était à la fête de l'Huma, au stand du parti communiste chilien. Aujourd'hui je pense à tous ceux qui furent victimes de la terreur noire, à ces communistes chiliens victimes de la répression, à toutes les familles de disparus qui ne verront jamais jugé le tortionnaire de leur peuple.

Ne décevons pas!

La réunion nationale des collectifs unitaires s'est achevée ce week-end sans déboucher sur la désignation d'un candidat commun. Si la candidature de Marie George BUFFET semble majoritaire dans les collectifs locaux, elle ne l'est pas dans les organisations, sauf au PCF, qui composent le collectif national. Or la démarche choisie est celle du double consensus: celui des collectifs et celui des organisations. Il faudra donc se donner du temps et certainement faire des gestes qui comptent de part et d'autre.

Je n'y vois pas très clair pour l'instant, comme beaucoup je pense. Je suis cependant convaincu qu'il faut sortir de ce qui apparaît comme une "guerre de position" à l'intérieur du collectif national. Comment? Je l'ignore. Je souhaite cependant que le PCF, qui est mon organisation, réunisse au plus vite les adhérents pour examiner cette situation de blocage et en tirer les conséquences. Nous ne pouvons pas décevoir.

samedi 9 décembre 2006

Démantèlement du service public

Le démantèlement du service public prend des formes très concrètes pour les usagers, et pas seulement pour les habitants des communes rurales comme on peut le voir avec la disparition des bureaux de Poste. Cette semaine m'a permis de constater les conséquences de la déréglementation et du démantèlement d'EDF-GDF. Une agence EDF rue Moyenne pleine à craquer, avec deux agents très compétents mais complètement débordés: outre les entretiens à faire avec les "clients", il leur fallait assumer l'accueil. De toute façon c'est provisoire me dit l'un des deux employés. L'agence devrait déménager. Pour Gaz de France, c'est pire: il n'y a plus d'agence commerciale sur Bourges, conséquence de la séparation d'avec EDF. Il faut donc traiter par téléphone et s'armer de patience: ce n'est qu'au bout de trois appels, avec à chaque fois de longues minutes d'attente que j'ai pu traiter mon problème!

Cela peut paraître anecdotique mais tellement révélateur des conséquences néfastes de la politique libérale de privatisations. Où est le service public? Où est la qualité du service rendu à l'usager? Il est temps de revenir à un pôle public de l'énergie EDF-GDF.

vendredi 8 décembre 2006

Collectif antilibéral de Bourges

J'étais hier à la réunion publique organisée par le Collectif pour des candidatures antilibérales de Bourges. Une centaine de présents: des militants communistes, mais aussi d'ATTAC, des Verts, de la LCR, des citoyens de gauche... Le débat a été un peu décevant: l'impression que personne ne se répond vraiment, certains souhaitant aborder les questions de fond (le projet, les alliances...), d'autres les modalités pratiques de désignation du candidat commun. La tonalité générale ne m'a pas paru très enthousiaste. J'y vois le poids des événements de ces dernières semaines: accusations de manipulation, "démission" de José Bové, polémiques et appels multiples, propos défaitistes des médias... Le septicisme a sûrement pesé sur la discussion. Pour autant, il n'y a pas eu d'affrontements et tout le monde s'est écouté. Tous ont semble-t-il intégré l'idée qu'il fallait aller jusqu'au bout de la démarche, quelque soit le candidat si les principes décidés collectivement sont respectés. Beaucoup ont été déboussolés par la forme de désignation choisie par le comité d'animation du collectif. Il s'agissait de choisir trois noms, dans l'ordre de préférence.

Pour ma part, j'ai choisi: en 1, Marie George BUFFET. Pour le sérieux de sa démarche, son expérience de rassembleuse dans la campagne contre le TCE. Je n'avais pas vraiment fait de choix jusqu'à la réunion. Mais je dois dire que la campagne qui a été menée, enjoignant Marie George BUFFET de retirer sa candidature m'a plutôt motivé à voter pour elle. En 2, j'ai choisi Yves SALESSE: compétent, doté d'une expérience syndicale, il peut permettre aussi le rassemblement. En 3, j'ai choisi Clémentine AUTAIN, même si je dois dire ne pas être convaincu par l'inconstance qui a été la sienne ces dernières semaines. Elle est jeune cependant et peut incarner un certain renouveau de la politique.

De toute manière, je souhaite par dessus tout que nous nous dotions ce week-end d'un ou d'une candidate pour rentrer en campagne enfin. Nous sommes attendus par beaucoup. L'esprit de responsabilité doit l'emporter.

mercredi 6 décembre 2006

Pas en notre nom...

Monsieur Sarkozy et la droite s'acharnent tant et plus sur les "sans papiers". Aujourd'hui, la famille Raba, d'origine Kosovare, a été expulsée malgré l'exceptionnelle mobilisation, notamment de personnalités comme Lucie Aubrac. C'est insupportable. Insupportable de voir qu'ils ont été encadrés jusqu'en Albanie par dix policiers. Insupportable d'imaginer le choc pour les trois enfants de la famille.

A la lueur de cet événement, la vigilance doit redoubler. Pour les élèves et leurs familles sans papiers en France, pour Imed, jeune Tunisien de Bourges,toujours détenu au centre de rétention de Lyon, pour tous les sans papiers victimes de la campagne du Ministre de l'Intérieur-candidat à l'élection présidentielle. Ce n'est pas en notre nom que ces expulsions ont lieu; ce n'est pas au nom de ceux qui ont la république et ses valeurs universelles au coeur.

Entorse à la laïcité?

Je me suis rendu dans l'après midi à la Poste rue Moyenne. J'ai été surpris de voir près du grand sapin de Noël qui trône dans le hall, une crèche avec l'enfant Jésus au milieu. Je pense que ce symbole religieux n'a pas sa place dans un établissement de service public. Je pense que ce n'est pas respecter les usagers que de l'afficher: tous ne sont pas chrétiens, tous ne sont pas croyants. Il en va de même pour les salariés de cette entreprise publique. Je souhaite vivement que la direction de la Poste de Bourges retire ce qui constitue une manifestation religieuse, en contradiction avec la règle de neutralité du service public et avec le principe de laïcité.

dimanche 3 décembre 2006

Qu'il est long le chemin...

Je suis allé vendredi écouter Alain KRIVINE, leader historique de la LCR, qui tenait meeting à Bourges. Je voulais comprendre les raisons pour lesquelles, la fraction majoritaire de la direction de la Ligue se refusait à tout travail unitaire pour désigner un candidat unique de la gauche antilibérale.

Je n'ai pas été convaincu par les propos tenus ce soir là. J'ai trouvé le discours d'Alain Krivine pessimiste quant à la situation politique. Je l'ai trouvé un peu goguenard quant à la capacité des collectifs untaires à se mettre d'accord sur une candidature. Je suis d'accord avec son diagnostic concernant l'état de la société et du monde, sur les enjeux; les propositions de la LCR ne diffèrent guère de celles des collectifs unitaires. Mais il ne propose aucune issue, sinon le vote pour Olivier Besancenot, candidat de la Ligue, qu'il sait pourtant minoritaire dans le pays. Il y a comme un refus de voir l'extraordinaire opportunité pour la gauche anticapitaliste et antilibérale de s'unir pour faire avancer ses idées et créer la surprise. Pour Krivine, cette gauche là n'est pas prête. Et tant pis si la droite devait rester cinq ans de plus au pouvoir! L'argumentation de Krivine pour expliquer que la LCR ne sera pas du rassemblement, c'est que le PCF n'a pas rompu avec l'idée de gouverner avec le PS. Pourtant le PCF a signé les textes du Collectif unitaire s'engageant à ne pas participer à un gouvernement et à une majorité dominés par le social libéralisme. Pourtant, c'est le seul parti de l'ex-gauche plurielle à avoir tiré les enseignements de la période 1997-2002 et à avoir dit qu'il ne fallait pas reconduire ce qui avait échoué. Il n'est pire sourd...

Une chose est cependant certaine, c'est que si le rassemblement antilibéral échoue sur l'écueil des querelles de chapelles, l'hégémonie du PS sur la gauche française, et donc le bipartisme en France, ont de beaux jours devant eux. C'est ce à quoi je me refuse parce que le monde du travail est dans l'attente, parce que les urgences sociales sont grandes et qu'elles ne peuvent trouver de réponses dans la politique libérale, dure ou soft, proposée par les deux ténors de l'élection. Comme de nombreux militants du Collectif antilibéral de Bourges présents ce vendredi soir, j'ai affirmé qu'on avait besoin de la LCR dans ce rassemblement, pour réussir.

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