Je m'étais donné les vacances pour réfléchir à une contribution en vue du prochain congrès du PCF (dont le caractère extraordinaire ne tient pour l'instant qu'au fait qu'il aura lieu en dehors des délais habituels). Je dois avouer que la tâche est plus ardue que je ne le pensais.
Je considère, comme d'autres, que nous sommes arrivés à la fin d'un cycle politique pour le PCF comme pour l'ensemble de la gauche. Pas simple dès lors d'en coucher noir sur blanc les raisons, car elles sont nombreuses. Elles s'ancrent dans un passé et dans une succession d'événements plus ou moins proches, et paraissent parfois contradictoires. Et puis penser la fin de quelque chose, c'est nécessairement envisager la suite. Là encore, c'est compliqué! L'approche de nouvelles élections, cantonales et municipales en mars 2008, les luttes nécessaires qu'il va falloir engager dès la rentrée face au pouvoir de droite destructeur, fragilisent toute nouvelle tentative de construction politique et poussent à faire avec ce qui existe pour maintenir une offre politique et une opposition à l'UMP.
Il faudra pourtant ouvrir, sans tarder, le chantier à gauche d'une véritable force réellement alternative et transformatrice. Le PS ne répond pas à cette exigence; le PCF dans sa forme actuelle, y répond mal, ou en tout cas n'est pas reconnu capable d'y répondre. Dans le débat qui traverse la préparation de son congrès (voir le forum auquel chacun peut contribuer), les avis sont souvent opposés. Je crains que le questionnaire auquel chaque adhérent aura en théorie à répondre, ne conforte un peu plus la confusion dans laquelle nous nous trouvons. Au passage, je trouve toujours croustillant de voir dans ce genre de débat, certains dirigeants ou anciens dirigeants, tenter de se refaire une virginité politique, alors que leur bilan à la tête du parti devrait les conduire à tellement plus de modestie. Le risque d'une confiscation du débat par un clan ou un autre, existe bel et bien.
J'aurais préféré que l'on procédât à l'élection d'une commission nationale de préparation du Congrès avec des représentants de chaque fédération, élus parmi les militants, et non confier à la direction actuelle le soin de l'organiser. C'était je crois créer les conditions d'un nouveau départ, voire d'un électrochoc salutaire. Il reste quelques semaines pour le provoquer.