mercredi 31 octobre 2007
Ne baissons pas la garde!
Par Yannick Bedin, mercredi 31 octobre 2007 à 09:55 | global
Je rentre de quelques jours de vacances à Paris. Quelques jours qui m'ont permis de visiter de nombreuses expositions, dont celle consacrée à Courbet, et de profiter d'une ville magnifique. Paris, plus belle ville du monde? Je l'ignore. En tous cas, je trouve qu'elle reflète par bien des aspects l'état de la société française. On voit des SDF sur les trottoirs ou sous les ponts; ils sont là dans une indifférence quasi générale, alors que s'étale le luxe dans les vitrines du quartier de la Concorde, où le moindre manteau coûte plusieurs SMIC. J'ai passé une soirée à Belleville, un quartier encore populaire mais menacé par la spéculation immobilière, qui va repousser les familles les plus modestes vers la périphérie.
J'ai participé au rassemblement de riposte à Sarkozy organisé par le PCF, samedi. La qualité des interventions des divers représentants syndicaux ou associatifs n'a pas réussi à masquer la faiblesse du nombre de participants: 5000, c'est peu pour un rassemblement national, alors qu'il y a quelques mois, 15 000 personnes étaient à Bercy avec Marie George BUFFET. Je vois plusieurs raisons à cela. D'abord, le manque de dynamique unitaire: aucune autre force ne s'était jointe à cette initiative. Ensuite, l'inertie qui semble régner dans un parti en proie au doute mais aussi aux manœuvres en cette période de préparation de Congrès, rebaptisé Assemblée extraordinaire.
Franchement, face à Sarkozy, on ne peut rester passif, l'arme au pied, et faire la fine bouche. Il y a besoin à la fois d'une riposte sociale, dont la grève du 18 octobre devrait constituer le point de départ, et d'une offensive politique dans laquelle le PCF doit tenir toute sa place, pour éclairer les travailleurs sur la politique suivie actuellement, et proposer une alternative remettant en cause le capitalisme. Le PCF, j'en suis convaincu, ne peut se fondre dans je ne sais quelle force sans courir le risque de laisser les luttes orphelines de tout débouché politique. A l'heure où la société française est minée par les inégalités, au moment où le MEDEF et la droite détruisent toutes les solidarités existantes, ce n'est vraiment pas le moment de baisser la garde.
Commémorer un événement est souvent une manière de le figer dans le passé et d'en réduire la portée. Ce lundi, on va beaucoup parler de Guy Môquet.
Grèves et manifestations aujourd'hui dans toute la France contre le nouveau projet de (contre) réforme des retraites. J'étais en grève et j'ai manifesté à Bourges. Il y avait du monde. Le défilé était en grande partie composé de travailleurs directement touchés par les mesures gouvernementales, ceux qui bénéficient de régimes dits "spéciaux". Je dis directement, mais nous sommes tous concernés finalement: en alignant tous les régimes de retraites sur celui le moins favorable aux salariés, la droite et le MEDEF pourront engager l'offensive contre toutes les catégories et augmenter la durée de cotisation de tous. Tout ça, au nom de l'égalité, alors qu'on ne touche pas aux revenus financiers et aux profits juteux.
Si vous en doutiez encore, l'édito du journal « Challenge », en date du 4 octobre 2007, signé Denis Kessler (ancien n°2 du MEDEF) éclaire sur les intentions revanchardes de Sarkozy. Il donne la ligne suivie par la droite et fait écho aux annonces de Fillon sur la réduction des services et du personnel dans le publique, et aux mesures limitant le droit de grève ou bien portant atteinte au système de retraites. Laissons parler le responsable patronal qui donne toute sa cohérence à la politique actuelle:
C'est par cette formule que l'universitaire Jean Ortiz invitait la foule, rassemblée lors d'un débat à la dernière Fête de l'Huma, à redécouvrir une pensée et une action: celle de Che Guevara. J'ai eu le poster du Che (la fameuse photo prise par Korda) accroché dans ma chambre d'adolescent, comme beaucoup. Effet de mode sûrement mais aussi adhésion à l'image de révolte contre la domination économique et militaire du modèle états-unien, à un sens de la justice qu'incarnait à mes yeux le grand leader révolutionnaire. Il est vrai déjà, qu'à l'époque, jeune communiste, je me reconnaissais plus dans cette figure que dans celle des hiérarques soviétiques de l'ère Brejnev, ou d'une URSS nécrosée par un appareil politique conservateur, plus soucieux de ses privilèges et de son intérêt, que de celui du peuple.
Qualifier de
La première rencontre en région du Grenelle de l'environnement se tiendra à Bourges à l'occasion du festival du film écologique. Le terme Grenelle est de ceux qu'on utilise à toutes les sauces: Sarkozy s'est ainsi déclaré dernièrement favorable à un