Il y a un an, Nicolas Sarkozy franchissait en tête le premier tour des élections présidentielles. Deux semaines après, il était élu.
Triste anniversaire en vérité.
Celui du triomphe du mensonge d'abord. Le Sarkozy qui a séduit une majorité d'électeurs, a fait toute sa campagne sur le pouvoir d'achat. Quelques mois après son élection, il avouait son impuissance à résoudre cette question. Pire, toutes les mesures prises entament toujours un peu plus le budget des familles. Double langage encore du chef de l'UMP en campagne: il annonçait le retrait des troupes françaises d'Afghanistan; un an après il renforce la présence française aux côtés des Etats-Unis dans ce pays. Sa politique atlantiste éclate au grand jour avec l'annonce de la réintégration par la France, du commandement militaire de l'OTAN. Les Français ne s'y trompent pas en désavouant un an après, le Président de la République. Ils sont 72% à trouver son bilan négatif.
Triste anniversaire aussi pour la gauche. Il y a un an, celle ci subissait un cuisant échec, la victoire de Sarkozy faisant apparaître, au delà du score électoral, l'effondrement des valeurs et des idées de gauche dans ce pays. Entre un PS toujours plus attiré par le Centre, un PCF ne parvenant pas à trancher les questions stratégiques, des Verts toujours plus satellisés par le PS, une LCR enfermée dans un isolement contestataire et l'atomisation du camp antilibéral, le paysage ne s'éclaircit guère.
Heureusement, ça bouge sur le terrain des luttes. Fonction publique, grèves salariales, sans papiers, lycéens...le mouvement social se réveille. Ne reste qu'à lui offrir une traduction politique pour réellement prendre en compte les besoins et les aspirations qui s'expriment. L'enjeu est de taille: construire le projet politique et le rassemblement qui s'impose pour enfin, ne plus décevoir à gauche.