vendredi 31 octobre 2008
Congrès du PCF
Par Yannick Bedin, vendredi 31 octobre 2008 à 10:12 | global
Les communistes étaient appelés à voter en milieu de semaine, pour choisir la base commune de discussion de leur congrès. C'est ce texte qui sera amendé, qui servira de ligne politique pour les trois ans à venir.
La participation à ce scrutin risque fort de ne pas être à la hauteur des enjeux. A Bourges, seuls 44% des communistes y ont participé. C'est le projet défendu par la direction qui arrive en tête avec un peu plus de 60% des suffrages.
Les enjeux à mes yeux sont de natures différentes et complémentaires.
Idéologiques d'abord. Je pense que le PCF doit retrouver une pensée claire, un rayonnement intellectuel et un enracinement populaire. Pour cela, il n'est pas besoin de se draper dans je ne sais quels nouveaux concepts cédant aux effets de mode. Comme on dit, ce qui se conçoit bien s'énonce clairement! La base commune de discussion proposée par la direction, qui devrait être retenue par les communistes de France, souffre de ce défaut de clarté. Il conviendra de la rendre plus intelligible. Pour cela, nous disposons d'outils intellectuels issus de la pensée marxiste, riche de nombreux apports. La situation du capitalisme, avec l'ampleur de la "crise financière"valide la méthode développée par Marx et les penseurs qui s'en sont inspirés tout au long du XXème siècle et aujourd'hui encore. L'avenir appartient à l'appropriation collective des secteurs stratégiques de l'économie pour satisfaire les besoins de chacun et non pas ceux d'une minorité. Au cœur de cette transformation, appelons la "révolution", la démocratie intégrale doit être la démarche: le contrôle de la population doit s'effectuer à tous les niveaux, tant économique que politique. Le PCF, auquel s'est longtemps identifié la classe ouvrière et les salariés, doit redevenir le parti des seuls créateurs de richesses, le parti du monde du travail et de la création.
Enjeux stratégiques ensuite. Je pense que le PCF doit regagner de l'autonomie politique. Depuis vingt ans, les orientations choisies ont rendu le PCF de plus en plus dépendant du parti socialiste rendant de moins en moins audible notre parti, victime de grands écarts permanents et des errements stratégiques. Un jour, alliance avec le PS, un autre démarche de rassemblements des antilibéraux, retour au tête à tête avec le PS... Il y a besoin d'une force communiste en France, qui s'affirme et déploie son ambition d'un large rassemblement des progressistes pour changer les choses. Travailler à l'intervention politique des salariés et des classes populaires doit être la priorité. Gagner en autonomie ne signifie pas faire une croix sur les alliances électorales. Mais celles ci ne doivent pas être un préalable à l'action, ni être exclusives. C'est le retour à l'intervention sur le terrain qui définira les contours des rassemblements à effectuer notamment au moment des élections.
Je me suis déjà exprimé sur ce que je pense de la méthode choisie par la direction pour ce congrès. Comme secrétaire de la section de Bourges du PCF, il me revient d'organiser au mieux le débat des communistes berruyers. J'assumerai bien évidemment cette mission, avec le souci constant de contribuer à la renaissance d'une perspective de changement de société.
J'ai participé ce soir à une réunion des organisations signataires de l'appel contre la privatisation de la Poste, pour l'organisation d'un débat public et d'un référendum. Syndicalistes, représentants politiques ou d'associations, nous avons discuté pendant plus d'une heure sur la gravité de la privatisation de ce service public. Nous avons décidé de créer un comité local pour mobiliser toute la population et prendre des initiatives pour réussir la mobilisation du 22 novembre.
Ouf...Il y aura peut être
Manifestation hier et grève pour un travail décent. A l'appel de la CSI, des millions de travailleurs du monde entier étaient appelés à l'action. A Bourges, nous étions un millier dans la rue.
Il n'y a pas de crise du capitalisme. C'est la réponse faite par Christine Lagarde, Ministre de l'économie, à
Une nouvelle fois, le gouvernement s'apprête à faire les poches des Français en tapant dans l'épargne populaire pour venir en aide aux entreprises. Depuis des années, les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux plus aisés sont devenus l'alpha et l'oméga des politiques gouvernementales. Cadeaux ou exonérations donnés à fond perdus puisqu'on sait qu'ils ne sont pas créateurs d'emplois, privatisations et ouvertures de capital, asphyxie des services publics pour mieux déléguer au privé, siphonnage des comptes sociaux sont les facettes d'une même politique.
Devant ce triste spectacle, il y a quand même des raisons de garder espoir. En Equateur, le peuple vient de voter une nouvelle constitution qui consacre la réappropriation de l'économie par la nation. Les ruptures progressistes se font aujourd'hui en Amérique latine. Au Vénézuela, en Bolivie, en Équateur ou à Cuba, les voies d'un socialisme du XXIème siècle s'ébauchent. On est loin des ratiocinations de la gauche française qui n'en finit plus de tordre les concepts et les idées dans le soucis de s'adapter à l'air du temps libéral. Il n'y a pas d'avenir dans un système qui ne vit que par la précarisation, l'exploitation des salariés et le pillage des ressources de la planète. Il n'est de porte de sortie que dans une démocratie intégrale tant économique que politique qui passe par une appropriation collective des richesses.
J'ai reçu cette semaine une lettre des deux sénateurs du Cher récemment réélus. En bons petits notables, feignant la proximité qui sied à tout élu local, ils me remercient de leur avoir à nouveau accordé ma confiance. Ils sont quand même gonflés. Au risque de les décevoir, je n'ai pas voté pour eux. Je regrette que tant de maires ruraux, souvent