Ce soir avait lieu le conseil municipal consacré au budget. Ci dessous l'allocution que j'ai prononcée au début de la discussion.
Monsieur le Maire, chers collègues,
Je voudrais commencer cette intervention par saluer la belle victoire que constitue la sauvegarde du CREPS de Bourges. L’exceptionnelle mobilisation des Berruyers, des clubs, des athlètes, des associations, d’élus, a permis de conserver en l’état, ce bel outil indispensable à la formation des sportifs, des jeunes, des professionnels du sport. La mobilisation a permis de préserver aussi l’originalité du CREPS de Bourges, Pôle national sport et handicap. Je souhaite que notre collectivité reste vigilante quand au devenir de notre CREPS, qu’elle soutienne et s’implique dans son développement, car c’est un élément du rayonnement national de notre ville.
Cette mobilisation a permis de déjouer un nouveau coup porté par le gouvernement contre les services publics à Bourges. J’ai une pensée ce soir, pour les CREPS d’autres villes qui malheureusement, n’échappent pas aux dogmes libéraux qui guident l’action de ce gouvernement que vous soutenez, et qui sont toujours sous la menace d’une fermeture.
Ce sont ces mêmes dogmes libéraux qui conduisent à supprimer ou à réduire des services publics, à privatiser, à fermer des classes et à supprimer des postes. Je crains malheureusement, que nous n’en ayons pas fini avec la politique néfaste de ce gouvernement au service des plus riches, qui défend un modèle pourtant de plus en plus contesté partout dans le monde, avec la crise financière et économique : celui du capitalisme qui a tout misé sur la réduction des coûts salariaux et des dépenses publiques.
Je crains qu’avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), que l’on devrait plutôt appeler Régression générale des politiques publiques, le gouvernement ne poursuive son immense plan de restriction et de rationnement des services publics, de leurs moyens et de leurs personnels, dans la santé, l’éducation, la justice, les collectivités.
Cette politique pèse sur les Berruyers et notre ville, parce qu’elle ne tient pas compte de l’équilibre et de l’aménagement des territoires. Dernier exemple en date, la fin programmée des IUFM d’ici 2010. La fermeture de l’IUFM de Bourges, pourtant flambant neuf, au cœur du technopôle Lahitolle, porterait à notre ville un nouveau coup.
Cette politique de restriction pèse aussi sur les collectivités comme en témoigne le budget que vous nous présentez.
La diminution importante du virement de la section de fonctionnement à la section d’investissement qui constitue une partie de l’autofinancement, est le signe que Bourges, comme les autres collectivités, est touchée par le désengagement de l’Etat. On remarque que les dotations et attributions de compensation sont en diminution importante, ce qui vous conduit à augmenter les impôts alors que vous vous étiez engagé à ne pas le faire. Les Berruyers, malgré la baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, verront leurs impôts augmenter de 3.75%.
Malgré cela, votre budget est fragile : l’autofinancement ne suffit pas à couvrir le remboursement en capital de la dette ce qui vous conduit à y affecter une part des dotations et des subventions.
Enfin permettez moi d’émettre des doutes quant aux deux avances remboursables versées au Budget Annexe Avaricum prévues : l’une dans la DM 1 850 000 et l’autre au BP 3 280 000. Elles sont financées par de l’emprunt. Vu le contexte actuel de crise économique et l’effondrement de la vente d’immobilier, il peut y avoir un risque que la vente ne se fasse pas et que la ville ne soit pas remboursée de cette avance.
Enfin je m’interroge sur les prévisions quant aux droits de mutation. Vous prévoyez une hausse alors que partout en France, il y a effondrement des ventes d’immobilier. Cette prévision est-elle sincère ?
Votre budget est marqué par la politique de désengagement de l’Etat dans le soutien aux collectivités. Il est fragile et se montre peu prudent par certains aspects. C’est pour cela que nous ne le voterons pas. Je vous remercie.