Yannick Bedin - Conseiller municipal de Bourges

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vendredi 28 août 2009

La danse du Centre

Chômage, précarité, délocalisations, disparition du service public, détricotage du Code du travail, destruction des solidarités minent notre société. Les attaques de la droite sont menées tous azimuts, et nous n'aurions à gauche que le débat sur les primaires ou les alliances à constituer à nous mettre sous la dent? Je trouve désolant qu'à l'heure où le peuple souffre de la politique de Sarkozy, ce soit sur le terrain tactique que le débat médiatique s'engage. Désolant, et inefficace de surcroît. Désolant parce que inefficace justement.

Bien sûr, comme la majorité des Français, je ne supporte pas la politique de régression menée par la droite. Je n'en peux plus des atteintes aux libertés. Bien sûr, je veux battre Sarkozy et sa bande de fondés de pouvoir des marchés financiers. Mais je crois qu'on se trompe à gauche si l'on pense qu'il suffirait de rallier tous les anti sarkozystes pour battre Sarkozy. L'Italie nous montre le chemin à ne pas suivre: l'antiberlusconisme n'a servi qu'à Berlusconi. Prodi, issu des primaires, avait réussi à gagner les élections à la tête d'une coalition dont le point commun était l'opposition au chef de la droite italienne. Il en a oublié de gouverner à gauche; bilan, la démission et la défaite par la suite, la lente décomposition (disparition même) de la gauche enfin. La gauche française serait bien inspirée d'analyser ce qui se passe chez nos voisins ou dans d'autres pays; j'y reviendrai.

On ne peut analyser la victoire de Sarkozy en 2007 uniquement à l'aune de sa capacité à rassembler la droite, à faire de l'UMP la machine électorale dont il avait besoin pour gagner le pouvoir suprême. La victoire de Sarkozy, c'est d'abord une victoire idéologique, une victoire dans les têtes de nos concitoyens faisant passer ses propositions, comme des évidences: "travailler plus pour gagner plus", "la fin de l'assistanat", la réhabilitation de "la valeur travail", l'égalité et le mérite... Des évidences que le Président met au service d'une minorité de privilégiés, seule à bénéficier de sa politique comme le montre le bouclier fiscal. Pour les autres, c'est chômage, baisse de revenus et taxes diverses... Cette victoire idéologique est due aux recul sur ce terrain de la gauche de gouvernement et en premier lieu du parti dominant.

La gauche a des responsabilités en effet dans la situation. Au pouvoir, comme dans la période 1997-2002, elle est apparue incapable de changer la vie des Français qui n'ont pas vu leur situation s'améliorer. Elle a consacré la victoire du libéralisme économique, incapable d'empêcher les délocalisations, d'augmenter les salaires et les pensions. Elle a accompagné la privatisation d'entreprises et mis à mal le service public. Durant cette période, l'électorat de gauche s'est démobilisé: enseignants en colère contre un certain Claude Allègre, salariés, ouvriers dont les conditions de vie ne changeaient pas... Les mesures comme les 35 heures, qu'il aurait fallu plus contraignantes pour les entreprises, sont restées au milieu du gué. Elles furent même combattues par la candidate socialiste en 2007. Celle ci devait avouer que l'augmentation du SMIC préconisée dans sa campagne était irréaliste! Comment dès lors donner les repères et l'envie à l'électorat populaire de renouer avec la gauche. Pire, d'abandon en abandon, la gauche a eu tendance à chausser les thèmes de la droite comme celui de la sécurité et de l'immigration. La victoire de Sarkozy est d'avoir amené certains leaders de gauche à marcher dans ses pas jusqu'à parfois les attirer dans son camp. Le débauchage de personnalités, dites de gauche, par Sarkozy n'est pas étonnant vu le marais idéologique dans lequel la gauche patauge depuis plusieurs années. Le passage de certains à l'adversaire témoigne aussi d'une proximité idéologique. N'est-ce pas Rocard, auteur de la Taxe Carbone, qui fut en son temps l'auteur du livre blanc sur les retraites (préconisant l'allongement de la durée de cotisation) et l'instigateur de la CSG? Le peuple de gauche n'en peut plus et n'y croit plus. Il s'est éparpillé entre diverses formations, voire certains électeurs ont pu voter Sarkozy. A qui la faute?

Malheureusement, je crains que les gesticulations de ceux qui prônent l'élargissement au Centre n'ait d'autres fin que de masquer l'indigence de leur réflexion et de leurs propositions sur le fond, à moins que ce ne soit pour cacher leur proximité avec l'idéologie libérale (comme en témoignent les votes conjoints des deux grands groupes qui composent le Parlement européen). Il est étonnant de voir qu'en Europe, certains veulent recomposer au Centre la Gauche quant en Amérique latine, la gauche ose d'autres chemins, est elle même et gagne les élections pour changer en profondeur la vie du peuple en affrontant l'Empire états-unien et ses relais dans les pays mêmes où ils agissent.

A l'heure où le capitalisme subit des critiques de toutes parts, où ce système est remis en question pour sa gestion catastrophique des hommes et de l'environnement, nous ne ferons pas l'économie d'une refonte idéologique pouvant servir de socle à un rassemblement durable. Il faut faire preuve d'un manque de lucidité pour ne pas voir que la civilisation change et qu'elle recule sous les coups de boutoir des politiques libérales.

Le Front de Gauche pour changer d'Europe a commencé ce travail, nourri de l'expérience militante politique, syndicale et associative d'une part et de la pensée d'intellectuels originaux d'autre part. Confrontons nos idées sur la nécessaire réforme de la fiscalité, sur l'avenir des biens communs (énergie, éducation, santé, transports, culture...), sur la sécurité sociale, sur les salaires, sur l'avenir des secteurs clé de l'économie et le rôle des banques, sur l'orientation de l'Union européenne, sur les politiques à mener en matière d'éducation, de recherche et de culture, sur le rôle de la France dans le monde et nos rapports aux pays du Sud.

C'est de cela qu'il est question aujourd'hui pour offrir une alternative à Sarkozy et même au capitalisme. Le reste n'est que manœuvre dilatoire à courte vue.

samedi 22 août 2009

Soleil rouge

Marché ce matin avec deux militantes du PCF pour distribuer le tract de rentrée et le programme de la Fête de l'Huma.

Ce n'est pas la foule des grands jours. Le soleil sans doute et l'envie de prolonger un peu le sentiment d'être en vacances donnent au marché de la halle au blé, un air de marché de Provence. L'accueil est cordial, voire chaleureux. Il faut parfois accrocher le passant qui croit tout savoir sur la politique de Sarkozy et ne veut pas assombrir un week end qui s'annonce au beau fixe. Je me dis qu'on est parfois, nous militants de gauche, oiseaux de mauvaise augure. Ils sont nombreux à n'avoir pas prêté attention aux conséquences de la taxe carbone ou au nouveau mode de calcul de la retraite des mères que le gouvernement étudie. Les discussions s'engagent, fécondes.

Le sourire est de mise; on s'échange entre connaissances, des nouvelles des vacances et de la famille. Sourire aussi quand un grand bonhomme, du genre "vieux beau", un rien agressif, me jette le goulag à la figure pour justifier son refus du tract que je lui tends. Je plains ce type mais je me dis que s'accrocher à de tels clichés, lui permet d'avoir sûrement le sentiment de ne pas vieillir.

Demain dimanche, nous serons sur le marché Saint Bonnet.

vendredi 21 août 2009

Résister et se rassembler

L'activité politique reprend peu à peu. Aujourd'hui, nous avons édité le tract de rentrée de la section de Bourges du PCF que nous distribuerons sur les marchés berruyers dès demain samedi. Les thèmes abordés dans ce document portent sur les mauvais coups de l'été. Le travail dominical, véritable cheval de Troie contre le Code du travail, les nouvelles taxes et les inégalités fiscales (avec la scandaleuse taxe carbone préconisée par le rapport remis par Michel Rocard qui veut faire payer encore plus les familles), l'atteinte au mode de calcul de la retraite des mères de famille salariées... Autant de mesures qui amplifient le recul de civilisation que la droite fait effectuer à notre pays avec en toile de fond, les licenciements et la précarité qui augmentent.

Le nécessaire rassemblement de la gauche s'impose face à l'urgence sociale. Pas une gauche petit bras, complexée et qui n'ose plus, non. Une gauche ambitieuse et conquérante, ferme sur ses valeurs, bien décidée à ne pas en rabattre sur une politique qui enfin serait favorable au plus grand nombre.

Les communistes de Bourges ont initié le débat début juillet avec l'ensemble des forces de gauche, du PS au NPA, en passant par le PG, le MRC et des associations. Confronter nos idées, nos points de vue, avec les citoyens, c'est à mon sens ce qu'il y a de plus fécond pour construire sur des projets communs, l'alternative à la politique de Sarkozy.

C'est ce à quoi les communistes de Bourges et de l'agglomération vont s'employer dans les jours et les mois qui viennent.

lundi 17 août 2009

Le TGV dans les limbes

Les projets de lignes à grande vitesse dévoilés par le gouvernement fin juillet, ne permettent pas d'espérer le passage par Bourges du TGV avant très longtemps. Rien n'est inscrit en ce qui nous concerne.

C'est un échec pour les parlementaires de droite et pour le maire de Bourges, qui rappelons le, avait fait de l'annonce du TGV à Bourges, l'axe unique de sa campagne municipale. C'est une preuve de leur inefficacité alors même que leurs amis dirigent le pays.

Je ne me réjouis pas de voir s'éloigner la perspective d'une ligne à grande vitesse passant par Bourges; le département a besoin d'une plus grande ouverture aux réseaux français et européens. Il en va du développement économique et industriel de nos bassins d'emplois. C'est une question d'avenir.

lundi 10 août 2009

Disparition de la NR

La disparition annoncée de l'édition du Cher de la Nouvelle république est une très mauvaise nouvelle. D'abord pour l'emploi: journalistes, standardistes, ouvriers, secrétaires... 181 emplois devraient être supprimés dans l'ensemble du groupe. C'est une entreprise qui disparaît de notre département.

Ensuite pour le pluralisme de l'information. Il n'y aura plus qu'un seul titre, le Berry républicain, couvrant l'ensemble du département (je mets à part la Voix du Sancerrois et le journal de Gien qui ne concernent qu'une partie du Cher). Si à bien des égards, les similitudes étaient nombreuses entre les deux grands titres départementaux, il n'en demeure pas moins que l'existence de deux titres est un plus dans l'information politique et citoyenne des lecteurs. La NR et le BR accordent une large place aux conseils municipaux. Ils sont le seul relais auprès des citoyens des débats qui s'y mènent. Quel avenir pour l'information politique avec la disparition d'un des deux titres? Ayant vécu dans un département où un seul titre existait, j'ai pu mesurer combien il était difficile de faire passer un avis, une opinion lorsqu'on n'était pas d'une formation politique en vue dans la rédaction.

La NR est victime des stratégies financières et économiques qui n'épargnent pas la presse, nationale ou locale. 61 quotidiens locaux existent aujourd'hui contre près de 200 à la Libération. Il y a à cela une multitude de raisons: recul de la lecture des quotidiens par les nouvelles générations, diminution des recettes publicitaires, multiplication des media, aides de l'Etat insuffisantes, hausse des coûts de fabrication... En ce qui concerne précisément le Cher, la ligne éditoriale des deux quotidiens manque peut être de clarté. J'en ai fait l'expérience lorsqu'en charge de certains dossiers, je me suis heurté à des journalistes chaque fois différents pour un même sujet: alors qu'un journaliste maîtrisait le sujet, on le dessaisissait du dossier. Le manque de place faite à l'investigation, à l'enquête, est sûrement une cause de la baisse du lectorat.

Il nous faut nous mobiliser pour tenter de sauver le titre dans le Cher. Je suis solidaire des salariés de la NR et de leur appel à manifester à Tours le 1er septembre. La vigilance est de mise quant à la garantie du pluralisme de l'information.

Les salariés en lutte de la NR ont leur blog: ICI

jeudi 6 août 2009

Retour

De retour d'un voyage en Israël et en Palestine, je passe d'une réalité à une autre. Je livre ici quelques unes de mes impressions qui sont celles d'un simple touriste.

Je suis parti visiter cette région du monde, ses sites remarquables et rencontrer des gens de toutes parts.

C'est une région magnifique, riche, malheureusement lacérée par un conflit qui s'éternise.

J'ai découvert une société dynamique en Israël, jeune, pleine de ressources et de potentiel, mais minée par la situation politique. L'obsession sécuritaire, la militarisation importante de la société nous rappelle sans cesse le conflit. Des échanges que j'ai eus avec des Israéliens ressortent les débats qui traversent la société. Certains sont de farouches partisans d'une fuite en avant guerrière (avec en point de mire l'Iran) et d'une relégation des Arabes aux confins de la région, d'autres sont animés d'un sentiment de grande lassitude face à la situation et par les préoccupations sociales.

Côté palestinien, tout semble figé. Le chômage est important. Parqués dans des lambeaux de terres en Cisjordanie, coincés entre le mur de protection et les colonies, les Palestiniens semblent résignés et dans l'attente. L'Etat palestinien se manifeste par la présence d'une police plutôt affable. Les forces progressistes sont bien présentes à Ramallah et dans sa région, ce qui me rassure. On est loin des clichés véhiculés en Occident sur des Palestiniens fanatiques et intégristes. Ici, en Cisjordanie, malgré les difficultés sociales et économiques, on sent la mesure et une grande ouverture aux autres. Chrétiens et musulmans semblent vivre en harmonie.

Je suis accueilli chaleureusement au tombeau de Yasser Arafat par des gardes qui serrent la main aux touristes venus sur ce site. Etonnant.

Je découvre ému, les portraits de Mahmoud Darwich, l'immense poète palestinien sur les murs de Ramallah. La culture est un élément de résistance à l'oppression.

Les étoiles n’avaient qu’un rôle :

M’apprendre à lire

J’ai une langue dans le ciel

Et sur terre, j’ai une langue

Qui suis-je ? Qui suis-je ?

(Dispositions poétiques, Mahmoud Darwich)

Je rencontre Rima, une Palestinienne qui s'est occupée des réfugiés en Jordanie dans le passé et qui suit les enfants des rues de Ramallah. Elle me parle en anglais, en français, en italien, attrape des phrases à la volée qu'elle cherche à traduire, prend un mot et le tord, philosophe avec. Une espèce de poétesse en somme. Une figure originale du quartier ancien de Ramallah.

La tension est là. Au check point entre Ramallah et Jérusalem, que franchissent quelques Palestiniens autorisés et une poignée de touristes dont moi, les cris d'une jeune militaire israélienne dans son hygiaphone au son saturé en rajoutent à l'humiliation subie par ceux qui doivent se plier aux contrôles quotidiens. Un père âgé et ses enfants en font les frais, obligés de patienter de longues minutes avant que la jeune femme en uniforme, ne les autorise à franchir un portique de sécurité. Au check point de Bethléem, plusieurs dizaines de taxis s'impatientent. Les chauffeurs vous proposent le grand tour, camp de réfugiés et visite du mur compris. Tourisme de guerre.

Le mur est une nécessité me dit un israélien rencontré à Jérusalem avec qui je bois un café. Il n'y a plus d'attentats depuis sa construction. Mais il admet que la colonisation qui se poursuit en Cisjordanie, le contrôle des routes, des rives du Jourdain et de la Mer Morte par Israël rendent impossible la paix à terme. Quel avenir en effet pour un peuple comprimé entre le mur et les implantations israéliennes? lui fais-je remarquer. Il acquiesce.

Je reviens convaincu qu'ici, nous devons accroître notre solidarité avec la Palestine et avec ceux qui, en Israël, se battent pour la reconnaissance d'un Etat palestinien viable et la fin de la colonisation. Il n'y a pas d'avenir dans l'engrenage sécuritaire et guerrier du gouvernement israélien.

Il nous faut agir pour que la France et l'Union européenne fassent pression sur le gouvernement israélien pour démanteler les colonies en Cisjordanie et déserrer l'étau sur Gaza. Il y a urgence si nous ne voulons pas condamner le peuple palestinien au repli vers les forces obscurantistes qui guettent et sont déjà à l'œuvre à Gaza. Je reviens convaincu qu'il y a un avenir pour deux Etats sur la même terre, et qu'il faut redonner de l'espoir d'un côté comme de l'autre.

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