lundi 10 août 2009
Disparition de la NR
Par Yannick Bedin, lundi 10 août 2009 à 13:30 | local
La disparition annoncée de l'édition du Cher de la Nouvelle république est une très mauvaise nouvelle. D'abord pour l'emploi: journalistes, standardistes, ouvriers, secrétaires... 181 emplois devraient être supprimés dans l'ensemble du groupe. C'est une entreprise qui disparaît de notre département.
Ensuite pour le pluralisme de l'information. Il n'y aura plus qu'un seul titre, le Berry républicain, couvrant l'ensemble du département (je mets à part la Voix du Sancerrois et le journal de Gien qui ne concernent qu'une partie du Cher). Si à bien des égards, les similitudes étaient nombreuses entre les deux grands titres départementaux, il n'en demeure pas moins que l'existence de deux titres est un plus dans l'information politique et citoyenne des lecteurs. La NR et le BR accordent une large place aux conseils municipaux. Ils sont le seul relais auprès des citoyens des débats qui s'y mènent. Quel avenir pour l'information politique avec la disparition d'un des deux titres? Ayant vécu dans un département où un seul titre existait, j'ai pu mesurer combien il était difficile de faire passer un avis, une opinion lorsqu'on n'était pas d'une formation politique en vue dans la rédaction.
La NR est victime des stratégies financières et économiques qui n'épargnent pas la presse, nationale ou locale. 61 quotidiens locaux existent aujourd'hui contre près de 200 à la Libération. Il y a à cela une multitude de raisons: recul de la lecture des quotidiens par les nouvelles générations, diminution des recettes publicitaires, multiplication des media, aides de l'Etat insuffisantes, hausse des coûts de fabrication... En ce qui concerne précisément le Cher, la ligne éditoriale des deux quotidiens manque peut être de clarté. J'en ai fait l'expérience lorsqu'en charge de certains dossiers, je me suis heurté à des journalistes chaque fois différents pour un même sujet: alors qu'un journaliste maîtrisait le sujet, on le dessaisissait du dossier. Le manque de place faite à l'investigation, à l'enquête, est sûrement une cause de la baisse du lectorat.
Il nous faut nous mobiliser pour tenter de sauver le titre dans le Cher. Je suis solidaire des salariés de la NR et de leur appel à manifester à Tours le 1er septembre. La vigilance est de mise quant à la garantie du pluralisme de l'information.
Les salariés en lutte de la NR ont leur blog: ICI