Yannick Bedin - Conseiller municipal de Bourges

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lundi 26 octobre 2009

Etre français...

Eric Besson fait dans la surenchère. "Le petit ministre des basses besognes" (dixit Pierre Laurent dirigeant du PCF) agite les symboles républicains comme la Marseillaise, pour mieux amener son idée de débat sur l'identité nationale. C'est à ce genre d'initiative lancée au débotté que l'on sait qu'une campagne électorale est lancée. La droite utilise les mêmes recettes pour mieux détourner l'attention et faire diversion sur sa politique économique et sociale.

Et si nous le prenions aux mots après tout? Passer au tamis des valeurs républicaines la politique menée par le clan Sarkozy, voilà un exercice dont les conclusions pourraient bien se retourner contre ceux qui lancent ce type de débat. La liberté, la solidarité, l'égalité, la laïcité se portent-elles mieux depuis que la droite est aux affaires? Que dire de cette politique qui fait tout pour détricoter un certain modèle français, construit par les conquêtes sociales, sinon qu'elle tourne le dos à tout ce qui fait la République? Comment qualifier la future réforme des collectivités qui s'éloigne tant des principes mis en place depuis la Révolution française.

L'incapacité de l'UMP à faire vivre ces valeurs la conduit, par calcul autant que par héritage d'une certaine droite, à ramener la question de la république à une question d'identité, c'est à dire à une dimension ethnique ou simplement culturelle. Cette dimension est étriquée et rance, parce qu'inéluctablement, elle ramène chez le commun des mortels à ce qui le différencie de son voisin. Cette droite a une vision exclusive de la nation et de la République.

A gauche, nous avons intérêt à mener bataille sur les valeurs de la République, des valeurs généreuses, à vocation universelle, pour démasquer les tartuffes.

samedi 24 octobre 2009

La Poste: un référendum et vite

Nous étions une centaine cet après midi, sous la pluie battante, devant les grilles de la Préfecture du Cher pour exiger la tenue d'un référendum sur l'avenir du service postal, forts des 20 000 votants dans le département et des plus de 2 millions dans toute la France à la votation citoyenne. Les postiers de Bourges, en grève étaient présents.

Je suis intervenu au nom des élus communistes et du PCF pour assurer le soutien politique dont le mouvement des postiers a besoin. J'ai rappelé aussi la détermination des communistes à ce que la voix des Français soit entendue dans ce débat sur l'avenir du service public. Après le non trahi des français à la constitution européenne, on ne peut mépriser plus longtemps le peuple.

La politique reprend ses droits

Au conseil municipal de Bourges hier soir, les débats étaient d'une bonne tenue. Le Maire avait décidé de laisser l'opposition jouer son rôle. Plusieurs adjoints sont aussi intervenus. Au final, une séance de conseil vivante, des échanges parfois vifs mais respectueux, bref l'exercice normal de la démocratie.

Parmi les sujets abordés, outre le débat sur les orientations budgétaires (voir mon intervention), nous avons eu à débattre de plusieurs gros dossiers.

Nous avons voté la transformation de la Maison de la Culture en EPCC, tant il apparaît nécessaire d'adapter le statut de la vénérable maison (une des dernière sinon la seule?) à être restée sous statut associatif. Nous avons accepté le projet de création du pôle de centralité de la Chancellerie, en gros, l'aménagement d'un centre commercial et tertiaire sur le site du centre commercial actuel.

Sur la question de l'enseignement privé, j'ai dénoncé l'attitude de la mairie qui continue de financer le fonctionnement des écoles maternelles privées alors que la loi ne le prévoie pas. J'ai posé la question de la neutralité de la majorité municipale, à un moment où des classes ferment dans Bourges et où l'école publique est mise à mal.

En ouverture, le maire nous a fait part d'un rapport sur les fouilles archéologiques sur le site d'Avaricum. Il apparaît que le site serait d'une richesse exceptionnelle, faisant de ce chantier, l'un des plus importants d'Europe. Des thermes romains pourraient s'y trouver. Bourges, grande ville romaine? Voilà qui excite la curiosité des amateurs d'Histoire. Voilà aussi qui pose question quant à l'avenir du projet d'aménagement d'Avaricum. Affaire à suivre...

Bourges:orientations budgétaires

Vous trouverez ci-dessous mon intervention dans le débat sur les orientations budgétaires ce soir au conseil municipal de Bourges. Je reviendrai sur les autres sujets abordés dans les prochains billets.

Monsieur le Maire, chers collègues,

Je voudrais tout d'abord vous remercier de me permettre de m'exprimer sur vos orientations budgétaires et dussè je blesser les oreilles de ceux qui ne veulent pas entendre parler de politique nationale dans cette enceinte, je m'appuierais sur le rapport que vous soumettez à la discussion d'aujourd'hui et qui y fait référence.

La prudence qui émaille votre rapport témoigne de la grande difficulté dans laquelle vous vous trouvez. Il appelle plusieurs remarques.

L'analyse que vous faites des exercices 2008-2009 est la parfaite illustration de l'effet de ciseaux qui frappe aujourd'hui les collectivités. L'augmentation des dépenses d'une part, liée à la conjoncture mais aussi à des transferts de compétences ou de charges par l'Etat, non compensés (comme par exemple avec les passeports biométriques) et la diminution des dotations de l'Etat d'autre part. Par cette politique, le gouvernement et vos amis politiques remettent en question le principe de bonne gestion qui veut qu'on ait des recettes supérieures aux dépenses.

Vous relevez à juste titre mais sans la dénoncer, les effets pour 2009 de la baisse des dotations de l'Etat compensées dites vous, en partie par une hausse des contributions directes, c'est à dire des impôts. Vous vous félicitez de la maîtrise de la masse salariale ce qui revient à dire que les salaires n'augmentent pas et que l'embauche stagne à la ville de Bourges. En cela, vous vous conformez à la prescription de Nicolas Sarkozy qui déclarait dernièrement, déplorant au passage les créations d'emplois dans les collectivités: « Il va falloir que les collectivités corrigent leurs mauvaises habitudes ». Les Français savent bien, par expérience, que moins de fonctionnaires, c'est moins de services rendus.

Dans la présentation du budget primitif 2010, il est paradoxal et mensonger d'assimiler le mode de gestion de l'Etat à celui d'une collectivité. Le budget de l'Etat n'est pas équilibré et il emprunte pour son fonctionnement. Pour les collectivités, vous savez qu'elles ont obligation d'équilibrer leur budget. Ainsi, il est demandé aux collectivités de faire un effort sur leurs services publics pour permettre à l'Etat d'en faire de moins en moins.

Pour le budget primitif 2010, vous envisagez une baisse de 1,14 millions d'€ de la dotation de l'Etat, de 460000 € des allocations compensatrices. Le rattrappage de cette perte repose sur une hypothétique augmentation des bases, une espérance pour reprendre le terme employé, et vous oblige à instituer une taxe de séjour.

Vous comptez sur une augmentation des droits de mutations, vous appuyant sur une hypothétique reprise du marché de l'immobilier. Or, aucun indicateur ne permet d'espérer cette augmentation car tout démontre l'inverse aujourd'hui.

Enfin, vous vous appuyez sur le plan de relance qui certes, apportes des crédits pour l'investissement, mais nous oblige à emprunter: les frais financiers, le paiement des intérêts aux banques seront à la charge de la commune, donc des Berruyers.



Ainsi, la fuite en avant du gouvernement continue. Moins de moyens pour les collectivités locales, c'est moins de services publics pour nos concitoyens, moins de soutien à la vie associative...

Dans ce domaine comme dans d'autre, l’Etat, sous la conduite de votre majorité, a diminué puis quasiment cessé son rôle régulateur, répartiteur et son rôle de cohérence et cohésion nationales.

Ainsi la péréquation a quasiment disparu : L’Etat dépense de moins en moins en matière d’aménagement du territoire pour aboutir aujourd’hui à la compétitivité des territoires, Il a mis fin au contrat de croissance entre l’Etat et les collectivités avec la stagnation de l’enveloppe normée intégrant le FCTVA pour 2009, Il déconnecte les ressources des collectivités de l’économie réelle (réformes successives de la TP et sa suppression dès janvier 2010), La suppression de la Taxe professionnelle dès janvier 2010, privera les collectivités d'une ressource essentielle pour leur fonctionnement et leurs investissements. Ce point est majeur dans le débat. Votre majorité poursuit les cadeaux au capital puisque ce sont les plus grosses entreprises qui bénéficieront de cette mesure. Elle est injuste: elle déresponsabilise les entreprises qui profiteront des aménagements (routes, éclairages publics, réseaux,...) mis en place par les collectivités, sans y contribuer, laissant les ménages seuls supporter ces charges. Et continue évidemment le transfert de compétences non compensés intégralement, …




Plus largement, ces mesures et cette politique annonce la réforme des collectivités, qui remet en cause l'héritage démocratique de la Révolution française en remettant en question le rôle des communes au profit de collectivités non élues par les citoyens: les agglomérations, les pays... Comment ne pas être inquiets de voir dans le projet de loi, les communes de plus de 2000 habitants devoir supporter plus de 50% des financements de projets, alors que seule une coopération entre les différentes collectivités permet la mise en place de projets structurants.

Sur la question du financement des collectivités, je redirais ici la proposition de l'Association nationale des élus communistes et républicains de trouver des ressources nouvelles, non dans les poches vides des salariés, mais avec une fiscalité sur les placements financiers des entreprises dont le produit serait réparti équitablement entre les collectivités selon leur situation et leurs besoins (les actifs financiers de seules sociétés non bancaires étaient en 2006 de 4800 Milliards d’€uros, les taxer à 0,5% rapporterait 24 Milliards).

Je terminerais par une regret comme l'an dernier. Pourquoi ne pas nous soumettre de motion ou un voeu pour dénoncer le désengagement de l'Etat. Les enjeux sont de taille et devraient transcender les clivages (ainsi que l'ont montré certaines réactions de vos amis politiques). Une fois de plus, on ne peut que regretter votre manque de pugnacité sur ce sujet. Vous accompagnez une fois de plus une politique suicidaire.

mercredi 14 octobre 2009

Le temps des héritiers

Ecoeurement, tristesse, révolte...Quoi penser de l'élection annoncée de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD de la Défense? J'hésite entre tous ces sentiments.

Ecoeurement, parce que cette annonce confirme un peu plus l'insolence de cette droite des beaux quartiers. "Salauds de pauvres" semble-t-elle nous lancer à la figure à chacun de ses actes ou de ses annonces.

Tristesse parce que la République qui ne reconnaît ni passe droit, ni faveur en théorie, est aujourd'hui bafouée. Le comportement irresponsable des hommes du Président vide encore plus de leur substance les principes républicains. Ils n'auront que des lois répressives et la matraque pour les rappeler à ceux qui dégoutés, s'en détourneront.

Révolte parce que voilà revenu le temps des héritiers. Qui peut nous faire croire que c'est parce qu'il est simplement élu que Jean Sarkozy est pressenti pour le poste? Quel signe pour ceux qui restent sur la touche, pour ceux qui n'ont pas le nom qu'il faut, pas l'expérience suffisante, pour ceux qui malgré des années d'études au prix de sacrifices importants parfois, naviguent de stages en emplois précaires!

La Révolution française avait mis fin aux privilèges. 220 ans après, plus que jamais, ce combat est actuel!

dimanche 11 octobre 2009

A propos du Festival du film écologique

La nouvelle édition du film écologique s'est tenue cette semaine à Bourges. Je ne m'y suis pas rendu pour des raisons de calendrier et de disponibilité. Pour des raisons politiques aussi. Non pas que je me détourne de la préoccupation légitime quand à l'avenir de la planète. La sensibilité aux questions environnementales est de plus en plus forte dans l'opinion et les questions soulevées bien réelles: réchauffement climatique, gestion des ressources naturelles, production d'énergies...

Mais je suis de ceux qui pensent qu'il y a une part d'émotion touchant à ces questions. Légitime, elle empêche cependant de se poser certaines questions qui gênent ceux qui aujourd'hui, des grands groupes industriels à leurs fondés de pouvoir à droite, profitent et surfent sur cette vague.

Ainsi, qu'en est-il de la compatibilité entre la recherche du profit maximum et la défense de la planète? Pourquoi parle-t-on toujours de l'épuisement des ressources sans jamais évoquer d'abord leur injuste répartition au détriment du plus grand nombre? Pourquoi dans les discours écologistes, de droite et de gauche souvent, l'homme est-il perçu comme extérieur à la nature et toujours comme son principal prédateur? Pourquoi la préoccupation concernant le bien être des générations futures semble supérieure au bien être des générations actuelles? En bref, dans le traitement de la question environnementale, la question sociale est dramatiquement absente.

Du film d'Al Gore à celui de Nicolas Hulot, en passant par Arthus Bertrand, on enfile les constat avec de belles images et de belles démonstrations. Ces films sont des succès publics. Et puis? Jamais n'est remise en cause l'organisation capitaliste du monde, qui utilise l'homme et la nature comme moyens d'accroître les profits. Pour les capitalistes, l'homme est une ressource naturelle comme les autres ainsi que Marx l'a démontré. Il est plus simple, et vain, dès lors d'en appeler à la responsabilité individuelle pour sauver la Terre que d'avancer vers une organisation sociale et politique qui respecterait et l'homme et son environnement.

dimanche 4 octobre 2009

Forte mobilisation pour La Poste dans le Cher

Du jamais vu! La votation citoyenne sur le projet d'ouverture du capital de La Poste, organisée cette semaine, a connu un succès sans précédent. Dans le Cher, 19269 personnes ont fait le déplacement. 98,79% ont marqué leur opposition au projet gouvernemental. A Bourges, 4364 votants: le Non à la privatisation a remporté 4292 suffrages.

C'est une déferlante qui se confirme dans toute la France. Elle manifeste l'attachement des Français au service public postal et leur refus de toute privatisation partielle ou totale. Elle montre que beaucoup ont conscience des dangers d'une telle politique, forts de l'expérience de France télécom, d'Edf-Gdf...

Le gouvernement va-t-il rester sourd? Va-t-il enfin organiser le référendum d'initiative populaire prévu dans la réforme constitutionnelle mise en place par Sarkozy?

jeudi 1 octobre 2009

1er jour sans NR

Ça y est, plus qu'un seul journal local ce matin dans les kiosques du Cher. La NR ne paraît plus sous forme papier. Sans nul doute, le journal manquera à la diversité, au pluralisme. Je me suis longuement exprimé sur ce sujet, j'ai participé au rassemblement de soutien le 1er septembre, j'ai signé une pétition... Je pense à tous ces salariés qui devront au mieux muter ou bien retrouver un emploi.

Je la lisais au café près de chez moi, le matin avant de partir au travail. Avec l'expresso du matin, la lecture des deux journaux locaux était un plaisir. La perte d'un journal, c'est aussi un peu ça, de la convivialité en moins.

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