La déclaration de Martine Aubry concernant la nécessité d'allonger à 61 ou 62 ans l'âge légal de départ à la retraite est une faute alors que les salariés de la fonction publique s'apprêtent à faire grève demain jeudi. Quel message pour encourager les luttes et la résistance des salariés, des retraités, aux mauvais coups qui pleuvent! Ainsi une partie de la gauche serait-elle prête à mettre fin à la principale conquête sociale de 1981? J'en reste pantois.

Le dossier des retraites souffrent de fausses évidences. Celle de l'allongement de l'espérance de vie qui conduirait à allonger le temps de cotisation est la pire, car ce qui devrait être considéré comme un progrès devient un handicap.

Je considère avec mes amis communistes, que la question de la retraite, comme celle de l'assurance maladie, est une question de recettes et non de dépenses. Plus on exonère les entreprises de cotisations, plus le chômage et la précarité grandissent, moins les recettes sont importantes pour couvrir les besoins. L'autre remarque que je veux faire, c'est que dans tous les domaines, le pouvoir financier veut drainer l'argent des salariés vers les fonds de pension ou les assurances privées. Car loin de vouloir des salariés qui triment jusqu'à la mort, et qui coûtent plus cher, les financiers veulent alimenter le circuit des assurances privées en incitant à cotiser en dehors du système de solidarité.

La nature du système capitaliste ayant changé, avec une sphère financière énorme, il faut donc changer l'assiette des cotisations. Le PCF propose de verser à la solidarité nationale les gains de productivité et les profits qui continuent de battre des records malgré la crise financière. Il faut faire cotiser les entreprises en taxant les revenus financiers des entreprises en fonction de leur politique en matière d’emploi et d’investissement. Même modérément, cette cotisation est susceptible de financer les 70 ou 100 milliards d’euros manquants.

C'est là où la gauche est attendue pas dans l'accompagnement de la politique de Sarkozy et du MEDEF.