A J-2, je reprends mon clavier, abandonné depuis une dizaine de jours. C'est le signe d'une campagne haletante qui, si elle laisse le temps encore de lire les billets et de surfer sur le web, n'en laisse guère pour essayer d'écrire sur ce qu'on vit au quotidien.

J'ai d'abord le sentiment qu'il y a comme un fossé qui sépare la campagne médiatique et celle menée sur le terrain. Sur nos écrans, petites phrases et boules puantes se sont succédées révélant un niveau de débat extraordinairement bas. C'est étonnant de voir comment ce qui faisait discussion il y a encore quelques semaines a disparu des plateaux télé et des articles des grands journaux. On ne parle plus de taxe carbone, vantée pourtant par les dirigeants d'Europe écologie d'accord sur ce point avec le gouvernement. Exit le débat sur la retraite et la proximité idéologique entre certains milieux à gauche et le président Sarkozy. Comme s'il fallait mettre un voile sur ce qui fâche les Français.

Ce que j'ai vécu dans la campagne jusqu'à aujourd'hui est bien différent.

La question sociale est bien le coeur de ce qui préoccupe aujourd'hui celles et ceux que j'ai rencontrés.

Les conseillers d'orientation psychologues du Cher d'abord que j'ai rencontrés la semaine dernière, inquiets des menaces que fait peser la politique de Sarkozy sur leur statut et sur le financement de leurs infrastructures, que les conseils généraux ont de plus en plus de mal à assurer. Aide à l'orientation des élèves, bilans psychologiques, interventions dans les collèges ruraux sont aujourd'hui menacés par la politique de droite. Faut-il rappeler que ce sont souvent les enfants des familles souvent déjà durement touchées par la crise ou dans des situations sociales sensibles qui ont le plus besoin du CIO? Le CIO du Cher, ses personnels, doivent être soutenus parce que leurs missions sont essentielles.

Le CIO était justement ce matin en bonne place dans la manif des personnels de l'éducation nationale. Celle ci est de plus en plus malmenée. La proposition scandaleuse de Luc Chatel de rappeler les retraités et de faire appel aux étudiants pour remplacer les profs absents sonne comme un aveu d'échec terrible pour la politique gouvernemental de réduction des dépenses publiques et de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Le saccage de l'éducation, comme de la santé publique, est minutieusement fait sur l'autel des réductions d'impôts pour les plus riches.

Autre lutte que je soutiens, c'est celle des employés de la ville de Bourges. En grève lundi pour revaloriser leur régime indemnitaire, ils ont trouvé la porte du maire close. Chacun appréciera le sens du dialogue social de Serge Lepeltier.

J'ai terminé la semaine en honorant l'invitation du Congrès départemental de la CGT. Un congrès qui selon plusieurs camarades a été riche en discussion sur toutes les questions touchant aux retraites, au droit des salariés, aux salaires, à la nécessaire défense de l'industrialisation comme devait le rappeler le nouveau secrétaire général Sébastien Martineau en clôture. L'occasion pour moi aussi de saluer Jean Pierre Planson, qui vogue vers de nouvelles responsabilités.

Et puis il y a eu l'ordinaire d'une campagne: les marchés, les distributions, les réunions et les meetings du Front de gauche. Avec François DUMON et tous les colistiers nous menons une belle campagne. Plus de 600 habitants du Cher se sont réunis cette semaine dans les meetings de Vierzon, de Bourges, de Saint-Amand, Saint-Florent... montrant que la dynamique existe. Je trouve d'ailleurs un peu sibyllin de la part de certains commentateurs d'affirmer que le meeting de Bourges du Front de gauche hier soir était clairsemé. Environ 150 personnes étaient là (selon l'avis du technicien qui a avait disposé les chaises) dans une salle de 200 places. C'est plutôt pas mal sans vedette nationale et pas moins de quatre meetings départementaux dans la même semaine. Le front de gauche a d'ailleurs fait les plus importantes réunions publiques de cette campagne dans le Cher.

Le service public, l'emploi, le pouvoir d'achat, la retraite voilà de quoi il aurait fallu parler pendant la campagne, autant de silences qui en disent long pour la suite. Raison de plus pour voter Front de Gauche dimanche pour se donner de la force dans tous ces combats.