Comme tous les électeurs de gauche, je savoure ce lundi la défaite de la droite française à l'occasion du 2ème tour des élections régionales dimanche. La sanction est lourde pour Sarkozy et ses soutiens; leur politique est désavouée à mi mandat présidentiel.

Je suis particulièrement satisfait de la déroute de l'UMP, du Nouveau Centre et de leurs alliés dans notre Région. C'est la victoire de toute la gauche, unie aux écologistes.

A Bourges, le résultat est sans appel. Serge Lepeltier, qui conduisait la liste, subit un cuisant échec avec 34% des suffrages quand la gauche atteint 56%. C'est je crois, la sanction d'une politique municipale, que les Berruyers n'ont pas voulu voir décliner au niveau régional. Ce résultat fait bien entendu regretter la défaite de la gauche unie aux municipales de 2008.

Je suis heureux aussi de voir le MODEM si bas à l'issue du premier tour. Je souhaite que la tentation centriste d'une partie de la gauche française qui nous conduirait à une situation à l'italienne, soit derrière nous.

Plusieurs éléments doivent nous interroger.

D'abord l'abstention qui est très élevée. La désaffection des urnes par une partie de la population qui ne se reconnaît pas dans les projets et ceux qui les portent sera-t-elle durable? L'avenir le dira. Une chose est sure, c'est que la réforme du mode de scrutin pour les élections à venir, renforcera cette tendance. Le vote pour le FN ensuite, qui nous ramène des années en arrière. L'agitation de l'épouvantail FN ne suffira pas à éloigner durablement le danger de l'extrême droite et ceux qui s'en empareraient pour affaiblir la droite porteraient une lourde responsabilité.

La pérennité du Front de Gauche enfin. Ce rassemblement d'un nouveau type a marqué des points, dans le département mais aussi partout en France, notamment là où le PCF est implanté. C'est la troisième force à Bourges et dans le Cher, et la deuxième à gauche. Bien sûr, comme tout rassemblement en construction, il y a des couacs, des erreurs, des crispations de part et d'autres. Je crois cependant qu'il faut creuser ce sillon ouvert par la victoire du Non au référendum sur la Constitution européenne et par les élections de juin dernier. Il en va de l'espoir de changer cette société devenue invivable pour le plus grand nombre et de notre capacité à la changer.

Pour l'heure, le mouvement social se remet en branle avec la grève du 23, à la veille de l'ouverture des discussions sur la contre-réforme des retraites. Il convient d'exiger haut et fort le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans et la revalorisation des pensions. Souhaitons que ce mouvement grandisse face à ce gouvernement, certes remanié, mais qui conserve la fiche de route signée au Fouquet's en 2007.