Vive la République quand même!
Par Yannick Bedin, lundi 12 juillet 2010 à 15:08 | global | #550 | rss
Les scandales politico-financiers qui plombent le gouvernement Fillon en rajoutent au malaise entretenu par une gouvernance inaugurée au Fouquet's par Nicolas Sarkozy en 2007. La colère est légitime face aux soupçons qui entourent certains membres de l'équipe gouvernementale. Mais elle est injuste lorsqu'elle prend pour cible les élus ou les militants politiques dont je fais partie. Anecdote: il y a une semaine de cela, une femme me refuse le tract que je lui tends sur le marché. "Tous des menteurs" lâche-t-elle, pas peu fière de se payer un élu. Je tente de percer le fond de sa pensée, de la faire parler et de lui dire qui je suis, ce que je fais... Las! Trop tard, son opinion est faite.
Les accointances entre les milieux d'affaires, la grande bourgeoisie et une partie du personnel politique ne sont pas nouvelles. Que la droite agisse en "fondée de pouvoir du capital" est une donnée de la démocratie libérale. Mais par temps de crise, de désastres sociaux et d'inégalités grandissantes, les affaires alimentent le pire populisme et l'extrême-droite, sur fond de discours xénophobes (eux mêmes entretenus par le pouvoir actuel). Elles font le jeu d'un FN toujours aux aguets avec une Marine Le Pen qui se veut la porte parole des petits et des sans grades, alors qu'elle est issue d'une famille richissime.
C'est cela qu'il faut craindre et combattre aujourd'hui et demain.
Hasard du calendrier, les affaires qui agitent les milieux gouvernementaux et l'UMP tombent au moment où la France se souvient de ce 10 juillet 1940. Il y a soixante dix ans, Pétain et sa clique, liés aux milieux d'affaires et à l'extrême-droite, assassinaient la République, la Troisième du nom, elle aussi plombée entre autre par les affaires.
Hier comme aujourd'hui la République est en danger, non seulement parce que la droite tourne le dos à ses valeurs et les piétine, mais aussi parce qu'elle jette sur elle l'opprobre par le comportement de certains de ses représentants. Il est urgent aujourd'hui de reprendre ce combat républicain, ce qu' il porte en lui d'aspiration à la liberté et à l'égalité.
Il faut pour cela reprendre le chemin du peuple: celui qui travaille et vit difficilement de son labeur, celui dont les "fins de mois sonne creux", celui que la droite et le Medef sacrifient sur l'autel des profits et de la finance. Il y a urgence à proposer une voie nouvelle, révolutionnaire pour changer de société, de système politique et social. Cette voie passe entre autre par une nouvelle République au fonctionnement simplifié dont la limitation du cumul des mandats et des fonctions comme des rémunérations en serait un fondement. Une République où la participation des citoyens serait organisée pour garder le contrôle des élus. Enfin, rétablir les valeurs fondatrices de l'idéal républicain y compris dans la loi en faisant réellement de l'impôt l'outil de la répartition des richesses, est une nécessité. C'est ce à quoi toute la gauche doit s'atteler.
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