J'avais prévu un billet sur le 8 mai et l'anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie. Rendre hommage aux armées alliées, au sacrifice consenti pour notre libération par les millions de soldats de l'Armée rouge, des États-Unis ou d'Angleterre, aux résistants de l'Europe occupée qui n'ont pas plié face à l'abject. Et voilà que l'abject justement nous revient en pleine face, un jour de marché où à une dizaine de militants, nous distribuons sur un marché de la ville.

Les faits. Pétition et tracts contre la vie chère en main, nous allons à la rencontre des Berruyers sur le marché de la Halle au Blé samedi matin. Ambiance détendue, bon accueil en général de l'initiative des communistes, et en une heure, pas loin de cent personnes signent la carte pétition adressée à Sarkozy. Mais voilà que le bilan s'entache de deux incidents. Un de nos militants vient d'avoir un échange avec un homme d'un certain âge qui lui dit en substance : " Vous les bougnoules, rentrez chez vous, vous nous mangez notre pain, piquez nos emplois et ruinez la sécu ». Le copain tente d'argumenter, en vain. L'homme s'est éloigné, sûrement pas peu fier de son coup et lâchement soulagé. Une autre camarade, peu après, est l'objet d'allusions antisémites par un autre passant.

« Il se trouve que le salaud s'assume d'avantage aujourd'hui qu'hier » écrit un ami sur ma page Facebook. Il a raison. La faute à une droite décomplexée qui pollue le débat de considérations xénophobes et racistes, de pseudo débats sur l'identité nationale ou la laïcité (tout en la bafouant) et d'actes choquants qui libèrent les pires instincts de certains de nos (con)citoyens.

Je me demande ce que font encore à l'UMP des républicains sincères (s'il en reste?) face à la vase putride que font remonter leurs dirigeants à la surface? Pour paraphraser Churchill qui s'adressait à Chamberlain, au lendemain de la capitulation des démocraties à Munich qui donnaient en 1938 les Sudètes à Hitler, les dirigeants de l'UMP ont choisi le déshonneur pour ne pas perdre les élections... avec la montée du FN, ils perdront les élections et seront déshonorés.

Les communistes, hier comme aujourd'hui et demain, ne lâchent rien dans leur combat pour l'égalité et la justice sociale ; rien non plus face à la connerie raciste et antisémite qui semble regagner du terrain.