J'ai participé aux débats de la conférence nationale du PCF ce week-end à Montreuil (93). J'en retire plusieurs enseignements.

D'abord l'extraordinaire vitalité du débat dans le parti: un débat à près de 800 voix, respectueux des avis contradictoires et des options de chacun. Partout la même volonté de faire avancer la réflexion collective et de répondre aux fortes attentes populaires en matière de salaires, de revenus, d'emploi, de services publics. J'ai particulièrement apprécié l'intervention d'André Chassaigne hier qui a plaidé pour un Front de Gauche qui ne serve pas à nous même, mais qui soit utile au peuple et à la nécessité de changer de société. D'ailleurs, nous n'avons pas seulement parlé de candidatures, mais aussi du projet populaire partagé qui tiendra lieu de programme à la présidentielle et aux législatives.

Ensuite les avancées démocratiques indéniables: les communistes auront à se prononcer en toute souveraineté et en pleine connaissance des enjeux sur le nom de celui qui incarnera le Front de Gauche en 2012 à l'élection présidentielle. La Conférence nationale a adopté la résolution proposant de soutenir Jean-Luc Mélenchon dans le cadre d'un accord global, à 63%. Le bulletin de vote comportant les trois noms à soumettre aux communistes a recueilli l'assentiment de 80 % des délégués, signe que l'aspiration démocratique est forte dans le PCF. Au passage, je trouve étonnant que l'on puisse écrire dans certains journaux que les communistes auraient voté alors qu'ils le feront du 16 au 18 juin. C'est à eux seuls que la décision reviendra. Loin d'affaiblir l'unité des communistes, j'y vois la garantie de leur mobilisation puissante autour du choix majoritaire qu'ils effectueront.

Enfin, la conférence a fait apparaître un véritable investissement dans le Front de Gauche du PCF et de ses militants qui s'y retrouvent très majoritairement. C'est là la condition pour réussir à créer l'événement en 2012, chasser Sarkozy du pouvoir et mener une politique à gauche à la tête du pays et au Parlement.