Yannick Bedin - Conseiller municipal de Bourges

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vendredi 27 août 2010

Une montée en puissance...

Je ne parle pas des derniers sondages qui donnent la gauche gagnante face à Sarkozy en 2012. Un sondage, 18 mois avant une élection, n'a pas de sens. Pire, il entretient les batailles d'égos au détriment des contenus et du projet politique. Pour moi, à l'heure qu'il est, seules comptent les réponses que la gauche peut donner sur la situation économique et sociale et aux différents problèmes que les Français rencontrent. Et il faut bien le dire, seuls le PCF et le Parti de gauche travaillent dans ce sens, sur la question du partage des richesses pour financer les retraites, la sécurité sociale, augmenter les salaires ou relancer l'emploi industriel. Réunis dans le Front de Gauche, les deux partis, avec la Gauche unitaire, vont faire naître à la Fête de l'Huma, un projet à débattre avec le peuple. Le 4 septembre sur les droits et les libertés, le 6 pour l'éducation, le 7 pour les retraites, le peuple va manifester non pour savoir qui de DSK, de Joly ou de Aubry, fera le ou la meilleur(e) président(e), mais pour faire valoir des revendications auquel la gauche doit répondre pour ne pas désespérer les salariés, les jeunes ou les anciens.

Ce n'est pas le barouf sécuritaire du gouvernement et du Président qui détournera les militants du Front de gauche de l'impérieuse nécessité d'offrir une alternative au libéralisme et au capitalisme. La surenchère de Sarkozy, outre qu'elle témoigne de son inefficacité en matière de sécurité depuis qu'il fut ministre de l'intérieur, les annonces de Chatel pour durcir les règles à l'école (alors que des milliers de postes sont supprimés, qu'on manque dans l'éducation d'assistantes sociales ou que son gouvernement a supprimé tous les dispositifs type classe d'insertion), marquent l'échec de la droite. On aurait tort de croire qu'il suffira de se baisser pour ramasser les voix des électeurs.

Les militants communistes et ceux du Parti de gauche seront sur les marchés de Bourges ce week end pour faire signer la pétition en faveur de la proposition de loi alternative sur les retraites déposée par leurs parlementaires. Du concret et des propositions: voilà ce qui compte!

samedi 31 juillet 2010

Le sarkozysme, nouveau pétainisme?

J'interromps la trêve estivale que j'avais décrétée sur mon blog parce que les événements de ces dernières semaines me révoltent et me révulsent.

Sarkozy, surfant sur les événements de Grenoble et sur ceux de Saint Aignan (41), mène une charge raciste et xénophobe comme nous n'en avions pas connu depuis longtemps. Pire qu'un rideau de fumée qu'il déploie pour faire diversion à un moment où son équipe et lui sont embarqués dans l'affaire Bettencourt et où l'opinion se mobilise sur les retraites, c'est un poison qu'il injecte dans la société toute entière: celui de la haine et du lancement de la guerre du tous contre tous.

Les actes de délinquance et les infractions doivent être punis: la loi le permet. Mais seuls leurs auteurs doivent l'être et non des groupes entiers. Il me semble que c'est là un principe de droit élémentaire.

Jeter à la vindicte les communautés des "gens du voyage", au mépris de la réalité, parce que des actes de délinquance ont été commis par certains est lamentable. C'est même destructeur pour tout le travail d'éducation civique que les enseignants mènent, apprenant le respect des autres, des différences, l'égalité et autres valeurs de la République à leurs élèves. On leur apprend à ne jamais généraliser à partir d'une situation, à faire preuve d'esprit critique et de discernement. Les exemples fourmillent en Histoire où les préjugés concernant une communauté ont mené au désastre. D'ailleurs, aucune reconnaissance des persécutions infligées aux populations nomades de 1939 à 1946 n'a été effectuée par aucun gouvernement français, à ma connaissance.

Le discours de Grenoble ensuite, où le Président Sarkozy annonce la déchéance de leur nationalité française, ceux qui d'origine étrangère s'en prendraient aux forces de l'ordre. Ça veut dire quoi? Que lorsqu'on est français de naissance, on peut insulter ou attaquer un policier? Qu'il existe plusieurs catégories de Français? Que la délinquance est l'apanage des étrangers ou des gens de culture différente? Durant le siècle dernier, seul le gouvernement de Vichy avait osé déchoir de leur nationalité française les immigrés juifs venus entre les deux guerres. Triste et inquiétant rappel.

On sait que les commanditaires de l'UMP, de ce gouvernement et du Président aimeraient revenir sur les conquêtes sociales de la Libération ("Il faut en finir avec le programme du Conseil National de la Résistance" déclarait il y a quelques années Denis Kessler ancien responsable du MEDEF). Mais de là à enfourcher les mêmes chevaux de bataille que l'extrême droite et la droite des années 1930!

Laissons parler le philosophe Alain Badiou qui évoquait un esprit commun entre le pétainisme et le sarkozysme:

« Il n’y a pas de ressemblance au sens strict, mais un esprit commun. J’appelle "pétainisme" une forme particulière de la réaction française, qui existe au fond depuis 1815. Premier trait : présenter une politique capitularde comme une régénération nationale. La "rupture", c’est quoi ? Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du "pétainisme", au sens formel. Deuxième trait : une répression administrative très dure, visant des groupes tenus pour étrangers à la société "normale". Il ne faut tout de même pas oublier que la dernière élection s’est gagnée sur la capacité à capter les électeurs du FN. Créer des suspects, les Africains, ou les musulmans, ou les jeunes des banlieues, figures nébuleuses à réprimer et à surveiller, est une activité essentielle du nouveau pouvoir, loin d’être seulement son ornement extérieur.»

La photo est celle d'une oeuvre de Bruce Nauman exposée au Hamburger Bahnhof Museum à Berlin 2010.

vendredi 30 juillet 2010

Les basses besognes de l'UMP


Evacuation de familles sans logement à la Courneuve
envoyé par Mediapart. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

lundi 12 juillet 2010

Vive la République quand même!

Les scandales politico-financiers qui plombent le gouvernement Fillon en rajoutent au malaise entretenu par une gouvernance inaugurée au Fouquet's par Nicolas Sarkozy en 2007. La colère est légitime face aux soupçons qui entourent certains membres de l'équipe gouvernementale. Mais elle est injuste lorsqu'elle prend pour cible les élus ou les militants politiques dont je fais partie. Anecdote: il y a une semaine de cela, une femme me refuse le tract que je lui tends sur le marché. "Tous des menteurs" lâche-t-elle, pas peu fière de se payer un élu. Je tente de percer le fond de sa pensée, de la faire parler et de lui dire qui je suis, ce que je fais... Las! Trop tard, son opinion est faite.

Les accointances entre les milieux d'affaires, la grande bourgeoisie et une partie du personnel politique ne sont pas nouvelles. Que la droite agisse en "fondée de pouvoir du capital" est une donnée de la démocratie libérale. Mais par temps de crise, de désastres sociaux et d'inégalités grandissantes, les affaires alimentent le pire populisme et l'extrême-droite, sur fond de discours xénophobes (eux mêmes entretenus par le pouvoir actuel). Elles font le jeu d'un FN toujours aux aguets avec une Marine Le Pen qui se veut la porte parole des petits et des sans grades, alors qu'elle est issue d'une famille richissime.

C'est cela qu'il faut craindre et combattre aujourd'hui et demain.

Hasard du calendrier, les affaires qui agitent les milieux gouvernementaux et l'UMP tombent au moment où la France se souvient de ce 10 juillet 1940. Il y a soixante dix ans, Pétain et sa clique, liés aux milieux d'affaires et à l'extrême-droite, assassinaient la République, la Troisième du nom, elle aussi plombée entre autre par les affaires.

Hier comme aujourd'hui la République est en danger, non seulement parce que la droite tourne le dos à ses valeurs et les piétine, mais aussi parce qu'elle jette sur elle l'opprobre par le comportement de certains de ses représentants. Il est urgent aujourd'hui de reprendre ce combat républicain, ce qu' il porte en lui d'aspiration à la liberté et à l'égalité.

Il faut pour cela reprendre le chemin du peuple: celui qui travaille et vit difficilement de son labeur, celui dont les "fins de mois sonne creux", celui que la droite et le Medef sacrifient sur l'autel des profits et de la finance. Il y a urgence à proposer une voie nouvelle, révolutionnaire pour changer de société, de système politique et social. Cette voie passe entre autre par une nouvelle République au fonctionnement simplifié dont la limitation du cumul des mandats et des fonctions comme des rémunérations en serait un fondement. Une République où la participation des citoyens serait organisée pour garder le contrôle des élus. Enfin, rétablir les valeurs fondatrices de l'idéal républicain y compris dans la loi en faisant réellement de l'impôt l'outil de la répartition des richesses, est une nécessité. C'est ce à quoi toute la gauche doit s'atteler.

dimanche 27 juin 2010

Un conseil animé...

Conseil municipal animé vendredi.

Le débat sur le compte administratif a mis une nouvelle fois en lumière le désengagement financier de l'Etat. Je l'ai pointé à plusieurs reprises dans mon intervention, notamment à propos du pseudo plan de relance... La droite conduit une politique nuisible aux collectivités en les étranglant progressivement; silence du maire et de sa majorité à ce sujet.

Avaricum, une nouvelle fois, a fait l'objet d'échanges nourris. Serge Lepeltier s'accroche à un projet dont les contours et l'aboutissement semblent plus qu'incertains. Il a présenté le bilan de la concertation organisée fin mai en mairie: sur la plupart des points, les avis émis par les participants rejoignent ceux de l'opposition municipale. Embarras du maire lorsque je le questionne sur l'interdiction faite aux services archéologiques de communiquer sur les fouilles lors des journées archéologiques en Région Centre ainsi que l'annulation du module de l'Université populaire consacré à cette question.

La Maison de la Culture et sa rénovation ont été l'occasion d'attaques politiciennes de la part de M.Gitton et du Maire contre le Conseil général. La mise au point d'Irène Félix sur la responsabilité du gouvernement dans les décisions prises par le Conseil général a été salutaire. J'ai dit pour ma part, trouver dommage qu'un tel dossier qui fait l'objet d'un consensus dans l'enceinte municipale, soit l'occasion de règlements de compte. J'ai rappelé que sur les banc du Conseil municipal de Bourges, siégeaient avant tout des conseillers municipaux de Bourges et non des représentants d'autres collectivités.

Les fermetures de classes enfin. Six au total seront encore fermées à la rentrée prochaine. Le Maire et son adjointe ont regretté cette décision de l'Inspection académique tout en la justifiant d'un point de vue démographique. Pour ma part je suis intervenu pour expliquer que ce sont des choix politiques qui président avant tout à ces fermetures. Un élève de plus par classe, c'est 10 000 postes en moins, dixit Luc Chatel, le ministre dans une note adressée aux recteurs. 16000 postes seront supprimés dans l'Education à la rentrée prochaine pour honorer la promesse du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. La démographie n'a rien à voir là dedans! Quant à la droite municipale, sa responsabilité est entière dans la dégradation de l'école dans notre ville. La fermeture de Jean Jacques ROUSSEAU conduit à concentrer dans les écoles voisines un plus grand nombre d'élèves. Les regroupements comme ceux opérés à Bourges Nord aussi. De quoi alimenter l'enseignement privé confessionnel. La droite fut vent debout lorsque j'ai proposé de soutenir l'école publique en cessant notamment de financer le fonctionnement des écoles maternelles privées alors que la loi ne l'impose pas. Là aussi, c'est une question de choix politiques.

dimanche 20 juin 2010

Retour de Congrès

Congrès du PCF ce week-end à Paris. J'en reviens avec des sentiments mêlés.

D'inachèvement d'abord. Comment pouvait-il en être autrement pour un congrès d'étape préparé à la hâte? Il en résulte la volonté de poursuivre dans la démarche engagée en faveur du Front de gauche, sans avoir réellement tiré tous les enseignements des élections régionales mais sans nier les avancées ou les reculs ici ou là. J'ai la conviction que nous avançons pas à pas.

De responsabilités ensuite doublées d'espérance. Construire la politique alternative dont le pays a besoin, dans un contexte de crise structurelle du capitalisme et face à une droite déchaînée, c'est l'enjeu des mois qui viennent. Le Front de gauche peut y aider, à condition qu'il s'enracine dans le peuple pour dépasser les querelles d'égos et le tête à tête entre organisations. A condition que ce rassemblement s'appuie sur les luttes en cours et sur un socle de propositions, sur un projet, nourri des réflexions des mouvements sociaux, culturels et intellectuels.

Marie-George Buffet a quitté son poste de secrétaire nationale. Après neuf ans à ce poste, des échecs, comme à la présidentielle de 2007, mais aussi d'incontestables réussites, comme la campagne de 2005 sur le TCE ou le lancement du Front de gauche, elle laisse la place à Pierre Laurent. Bonne chance à lui.

mercredi 16 juin 2010

La rage

On a beau vouloir se dominer, il y a des informations qui soit vous assomment, soit vous révoltent. En fait, le second sentiment suit souvent le premier....

C'est durant la conférence d'Edwy Plenel donnée à Bourges ce soir que j'ai appris la nouvelle. Des membres du gouvernement, et Sarkozy lui même, auraient profité des bonnes grâce d'une des premières fortunes de France: Mme Bettencourt, l'héritière de l'Oréal.

A l'heure où Eric Woerth et la droite veulent nous faire les poches une nouvelle fois avec le hold-up sur les retraites, la potion n'en est que plus amère.

Si les faits sont confirmés, la démission et des poursuites s'imposent!

mercredi 9 juin 2010

La cage


La cage
envoyé par CN-PCF. - L'info video en direct.

jeudi 27 mai 2010

Engageons le rapport de force

Aujourd'hui est une journée test. De la réussite de la mobilisation des salariés, des jeunes et des retraités dépend la poursuite des contre-réformes engagées par la droite.

Salaires, emplois, retraites constituent le thème des grèves et des manifs du jour: tout est lié. De l'augmentation des salaires et de l'emploi créé dépend le financement de notre système de sécurité sociale, et donc des retraites. 100000 emplois créés, c'est par exemple 2 milliards d'euros de cotisations en plus dans les caisses de retraites.

La mise à contribution des revenus du capital, de la finance parasite, permettra de financer le reste avec retour aux 37,5 années de cotisations, prise en compte des années d'études dans le calcul des pensions, et maintien de l'âge légal de départ à 60 ans.

Ces pistes, le gouvernement ne veut pas les emprunter. A nous de les lui imposer.

Ayons à l'esprit la déclaration du milliardaire états-unien Warren Buffet: "La guerre des classes est déclarée, et c'est la mienne, celle des riches, qui est en train de la gagner". Une fois n'est pas coutume, un maître de la finance internationale, celle qui écrase les peuples pour servir ses intérêts, nous indique la conduite à tenir: résister et mener la lutte de classe.

dimanche 23 mai 2010

De mensonges en contre vérités...

Allez comme ça, à la volée, quelques réflexions sur ce qu'on a pu lire ou entendre cette semaine concernant le dossier des retraites.

Ah Monsieur d'Ormesson...

Mardi, je lis l'article du Berry républicain relatant le débat organisé par l'UMP du Cher. Wladimir d'Ormesson, responsable du parti sarkoziste sur ce dossier, affirme que c'est en France qu'on travaille le moins en Europe. Mensonge Monsieur d'Ormesson. Je vous renvoie à l'étude de l'INSEE publiée récemment. La droite ne recule devant rien pour préparer les esprits à accepter de nouveaux sacrifices!

Martine Aubry n'est pas en reste!

Jeudi matin, j'écoute la première secrétaire du PS sur France Inter. Elle commente les propositions de son parti concernant les retraites. Deux arguments me font réagir. Le premier est que prendre sa retraite à 60 ans doit demeurer une liberté! Autrement dit, si le PS ne touche pas à l'âge légal des 60 ans, il n'en fait plus la règle. C'est un peu comme le débat sur le travail le dimanche entre ceux qui plaident pour la liberté de travailler ce jour chômé et ceux, dont je suis, qui souhaitent que la règle de l'interdiction s'applique à tous. Dans son intervention, Martine Aubry a aussi développé les arguments démographiques reprenant les poncifs en la matière. Nous vivons de plus en plus longtemps, il serait donc normal d'allonger la durée de cotisation. Ce sont les mêmes arguments qu'un DSK. Ce que semblent oublier ces beaux esprits, c'est que si l'espérance de vie augmente, c'est justement parce qu'on travaille moins et qu'on peut s'arrêter à 60 ans. Si c'est cela qu'ils veulent remettre en cause, qu'ils le disent clairement! Autre contre vérité, la maire de Lille justifie un éventuel allongement de la durée de cotisation par l'entrée plus tardive des jeunes sur le marché du travail. Là aussi, si les études deviennent un handicap, dites le! Pour ma part, et pour les communistes, il faut prendre en compte dans le calcul de la retraite les années d'études.

Allez, jeudi prochain, soyons nombreux pour montrer aux manipulateurs, qu'un autre avenir est possible et que nous exigeons une autre répartition des richesses.

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